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Retraite

PER : comment défiscaliser tout en préparant sa retraite en 2026

Mis à jour le 11 mai 2026
L'essentiel

Le Plan d'Épargne Retraite (PER) est l'un des rares dispositifs qui permet de réduire immédiatement son impôt sur le revenu tout en se constituant un capital pour la retraite. Chaque euro versé sur un PER est déductible de votre revenu imposable, dans la limite de 10 % de vos revenus nets (plafond de 35 194 € en 2026). Pour un contribuable dans la tranche à 41 %, un versement de 10 000 € génère une économie d'impôt de 4 100 €. À la retraite, vous choisissez librement entre sortie en capital, en rente, ou un mix des deux. Et en cas de décès avant la retraite, le PER assurantiel offre un cadre de transmission proche de l'assurance-vie.

Le PER individuel : fonctionnement et principe de déduction fiscale

Créé par la loi PACTE de 2019, le Plan d'Épargne Retraite (PER) a remplacé les anciens dispositifs de retraite complémentaire (PERP, Madelin, PERCO, Article 83). Son succès est fulgurant : plus de 10 millions de Français détiennent un PER en 2026, avec un encours total dépassant les 100 milliards d'euros.

Le principe est simple : vous effectuez des versements volontaires sur votre PER, qui sont investis sur des supports financiers (fonds euros, unités de compte, ETF). Ces versements sont déductibles de votre revenu imposable, ce qui réduit votre impôt l'année du versement. En contrepartie, le capital sera fiscalisé au moment de la sortie, à la retraite.

C'est un mécanisme de différé fiscal : vous économisez de l'impôt aujourd'hui (quand vous êtes en activité et fortement imposé) pour être taxé demain (à la retraite, quand vos revenus - et donc votre taux d'imposition - seront généralement plus faibles).

À lire : Le PER : fonctionnement et avantages

Les plafonds de déduction : combien pouvez-vous verser en 2026 ?

Le montant que vous pouvez déduire de vos revenus via le PER est encadré par des plafonds. Comprendre ces plafonds est essentiel pour optimiser votre stratégie de versement.

Le calcul du plafond annuel

Pour les salariés, le plafond de déduction est égal au plus élevé des deux montants suivants :

  • 10 % de vos revenus professionnels nets de l'année N-1, dans la limite de 8 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), soit 35 194 € maximum en 2026
  • 10 % du PASS, soit un plancher de 4 399 € en 2026, applicable même si vos revenus sont faibles ou nuls

Concrètement, un cadre bordelais avec un salaire net imposable de 60 000 € dispose d'un plafond PER de 6 000 € (10 % x 60 000 €). S'il est dans la tranche à 30 %, son versement de 6 000 € lui fait économiser 1 800 € d'impôt.

Le report des plafonds non utilisés

Bonne nouvelle : si vous n'avez pas utilisé la totalité de votre plafond les années précédentes, les plafonds non consommés sont reportables sur les 3 années suivantes. Vous pouvez retrouver vos plafonds disponibles sur votre dernier avis d'imposition, à la rubrique "Plafond épargne retraite".

Exemple : si vous n'avez effectué aucun versement PER depuis 3 ans avec un plafond annuel de 6 000 €, vous disposez en 2026 d'un plafond cumulé de 24 000 € (6 000 € x 4 années). De quoi réaliser un versement conséquent et réduire fortement votre impôt.

La mutualisation des plafonds entre conjoints

Les couples mariés ou pacsés soumis à imposition commune peuvent mutualiser leurs plafonds. Concrètement, si votre conjoint n'a pas ou peu de revenus, vous pouvez utiliser son plafond en complément du vôtre. C'est un levier d'optimisation souvent méconnu que nous activons régulièrement chez ALAIA Patrimoine pour nos clients bordelais.

35 194 €
Plafond maximum de déduction PER en 2026
4 399 €
Plancher minimum de déduction (10 % du PASS)
3 ans
Report des plafonds non utilisés
30 à 45 %
Économie d'impôt selon votre TMI

PER bancaire ou PER assurantiel : lequel choisir ?

Le PER individuel existe sous deux formes juridiques, avec des différences importantes en termes de gestion, de frais et de transmission.

Le PER assurantiel (contrat d'assurance)

C'est la forme la plus répandue (plus de 90 % des PER ouverts). Il fonctionne comme un contrat d'assurance-vie : vous avez accès à un fonds euros (capital garanti) et à des unités de compte (actions, obligations, immobilier, private equity). Le PER assurantiel offre un avantage majeur en cas de décès : le capital est transmis hors succession, avec un abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les versements effectués avant 70 ans.

Le PER bancaire (compte-titres)

Moins courant, le PER bancaire prend la forme d'un compte-titres. Il donne accès à un univers d'investissement plus large (actions en direct, ETF, obligations) avec des frais généralement plus faibles. En revanche, il ne propose pas de fonds euros, et en cas de décès, le capital intègre la succession classique (pas d'avantage fiscal spécifique).

Notre recommandation

Pour la majorité de nos clients, nous privilégions le PER assurantiel pour son double avantage : la sécurité du fonds euros pour une partie de l'épargne, et le cadre fiscal avantageux en cas de décès. Le PER bancaire peut être pertinent pour les investisseurs autonomes et très actifs qui souhaitent gérer leur épargne en ETF avec des frais minimaux.

Les 3 compartiments du PER : comprendre l'architecture

Le PER est structuré en 3 compartiments étanches, correspondant à l'origine des versements :

  • Compartiment 1 - Versements volontaires : c'est le compartiment le plus utilisé. Vous y versez librement les montants de votre choix, déductibles de votre revenu imposable. C'est celui qui nous intéresse dans cet article.
  • Compartiment 2 - Épargne salariale : il accueille les sommes issues de l'intéressement, de la participation, et des abondements de l'employeur, transférées depuis un PEE ou un PERCO. Ces sommes ne sont pas déductibles à l'entrée, mais bénéficient d'une exonération d'impôt à la sortie (seules les plus-values sont taxées).
  • Compartiment 3 - Versements obligatoires : il reçoit les cotisations obligatoires de l'employeur et du salarié (ancien Article 83). La sortie se fait obligatoirement en rente viagère.

Cette architecture permet de regrouper toute votre épargne retraite dans un seul produit, en transférant vos anciens contrats (PERP, Madelin, PERCO, Article 83) vers votre PER. Les frais de transfert sont plafonnés à 1 % de l'encours (gratuit après 5 ans de détention).

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Stratégies de défiscalisation selon votre tranche marginale d'imposition

L'intérêt du PER dépend directement de votre tranche marginale d'imposition (TMI). Plus votre TMI est élevée, plus l'économie fiscale est importante.

TMI à 30 % : le PER est déjà pertinent

Prenons Sophie, cadre dans l'aéronautique à Bordeaux, avec un revenu net imposable de 55 000 €. Son plafond PER est de 5 500 €. En versant ce montant, elle économise 1 650 € d'impôt (5 500 x 30 %). Sur 20 ans de versements, c'est 33 000 € d'économie d'impôt, sans compter les plus-values générées par l'épargne investie.

TMI à 41 % : le PER devient un outil majeur

Marc, dirigeant d'une PME bordelaise, déclare 120 000 € de revenus nets. Son plafond PER est de 12 000 €. En versant le maximum, il économise 4 920 € d'impôt (12 000 x 41 %). S'il utilise ses plafonds reportés des 3 années précédentes, il peut verser jusqu'à 48 000 € et économiser 19 680 € d'impôt en une seule année.

TMI à 45 % : l'optimisation maximale

Pour les très hauts revenus (au-delà de 177 106 € par part), chaque euro versé sur le PER génère 45 centimes d'économie d'impôt. C'est le ratio le plus favorable de tous les dispositifs de défiscalisation, devant le Girardin industriel.

Le piège de la TMI à 11 %

En revanche, si vous êtes dans la tranche à 11 %, le PER est rarement pertinent pour la déduction fiscale. L'économie d'impôt est trop faible (1 100 € pour 10 000 € versés), et la fiscalité à la sortie risque d'annuler cet avantage. Mieux vaut alors privilégier l'assurance-vie, dont la fiscalité à la sortie est plus douce.

À lire : Réduire ses impôts : toutes les solutions

La sortie du PER : rente, capital ou les deux ?

Depuis la loi PACTE, le PER offre une liberté totale de sortie pour le compartiment 1 (versements volontaires). C'est une avancée majeure par rapport aux anciens PERP et Madelin, qui imposaient la sortie en rente.

La sortie en capital

Vous récupérez l'intégralité de votre épargne en une ou plusieurs fois. La fiscalité se décompose ainsi :

  • Sur la part des versements déduits : imposition au barème progressif de l'impôt sur le revenu (comme un salaire), mais sans prélèvements sociaux
  • Sur les plus-values : prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % (12,8 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux)

L'astuce ? Si vous étalez la sortie en capital sur plusieurs années, vous pouvez rester dans une tranche d'imposition basse et limiter l'impact fiscal. C'est une stratégie que nous calibrons précisément pour chaque client chez ALAIA Patrimoine.

La sortie en rente viagère

Vous percevez un revenu régulier jusqu'à la fin de votre vie. La rente est imposée comme une pension de retraite (barème progressif après abattement de 10 %). C'est un choix de sécurité pour ceux qui craignent de dilapider leur capital ou de vivre très longtemps.

Le mix capital + rente

La solution la plus souple : récupérer une partie en capital (pour un projet, un remboursement de prêt, un complément ponctuel) et convertir le reste en rente viagère pour sécuriser un revenu garanti à vie. C'est souvent l'option que nous recommandons.

PER et transmission : un atout méconnu

On pense souvent au PER uniquement sous l'angle de la retraite. Pourtant, c'est aussi un outil de transmission patrimoniale puissant, surtout dans sa version assurantielle.

Décès avant la retraite : le cadre de l'assurance-vie

Si le titulaire d'un PER assurantiel décède avant l'âge de la retraite, le capital est transmis aux bénéficiaires désignés dans la clause bénéficiaire, hors succession. Le traitement fiscal est identique à celui de l'assurance-vie :

  • Versements avant 70 ans : abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis taxation à 20 % jusqu'à 700 000 € et 31,25 % au-delà
  • Versements après 70 ans : abattement global de 30 500 €, puis droits de succession selon le barème classique

Décès après la retraite

Si le décès intervient après la liquidation du PER en rente, seule la rente de réversion éventuelle continue à être versée au bénéficiaire désigné. Si la sortie a été faite en capital, les fonds déjà perçus font partie du patrimoine classique du défunt.

C'est pourquoi nous recommandons de rédiger soigneusement la clause bénéficiaire du PER assurantiel, exactement comme pour un contrat d'assurance-vie. Cette clause peut être personnalisée pour optimiser la transmission selon votre situation familiale.

À lire : Préparer sa retraite : stratégies et solutions

Les erreurs courantes à éviter avec le PER

Le PER est un outil puissant, mais mal utilisé, il peut s'avérer contre-productif. Voici les erreurs que nous observons le plus souvent en cabinet.

Erreur n°1 : verser sans calculer sa TMI

Nous le voyons régulièrement : des clients versent sur leur PER alors qu'ils sont dans la tranche à 11 %. L'économie d'impôt est trop faible pour compenser la fiscalité à la sortie et le blocage de l'épargne jusqu'à la retraite. Le PER n'est vraiment pertinent qu'à partir de la TMI de 30 %.

Erreur n°2 : oublier les plafonds reportés

Beaucoup de contribuables ignorent qu'ils disposent de plafonds non utilisés des années précédentes. Vérifiez votre dernier avis d'imposition : la ligne "plafond épargne retraite" indique le cumul disponible. Ne pas utiliser ces plafonds, c'est gaspiller une enveloppe de déduction gratuite.

Erreur n°3 : négliger les frais

Les frais du PER varient considérablement d'un contrat à l'autre : frais sur versements (0 à 5 %), frais de gestion annuels (0,5 à 1,5 %), frais d'arbitrage. Sur 20 ans d'épargne, la différence entre un PER à 0 % de frais d'entrée et un PER à 4 % de frais d'entrée représente plusieurs milliers d'euros de manque à gagner. En tant que CGP indépendant, nous sélectionnons les contrats les plus compétitifs du marché, sans aucun produit "maison" à promouvoir.

Erreur n°4 : tout mettre en fonds euros

Le PER est un placement de long terme (10, 20, 30 ans). Investir 100 % en fonds euros, c'est renoncer au potentiel de performance des marchés actions. La gestion pilotée à horizon (qui réduit progressivement le risque à l'approche de la retraite) est souvent la solution la plus adaptée.

Questions fréquentes sur le PER

Le plafond de déduction du PER en 2026 est de 10 % de vos revenus professionnels nets de l'année précédente, dans la limite de 35 194 euros. Si vos revenus sont modestes, un plancher de 4 399 euros s'applique. De plus, vous pouvez reporter les plafonds non utilisés des 3 années précédentes, et même mutualiser avec votre conjoint si vous êtes marié ou pacsé.

Oui, le PER est déjà intéressant à partir de la TMI de 30 %. Un versement de 10 000 euros sur votre PER vous fait économiser 3 000 euros d'impôt immédiatement. L'intérêt est encore plus marqué si vous anticipez une TMI plus basse à la retraite, car la fiscalité à la sortie sera inférieure à l'économie réalisée à l'entrée.

Oui. Depuis la loi PACTE de 2019, le PER individuel offre une liberté totale de sortie à la retraite : 100 % en capital, 100 % en rente viagère, ou un mix des deux. La sortie en capital est soumise à l'impôt sur le revenu pour la part correspondant aux versements déduits, tandis que les plus-values sont soumises au PFU de 30 %.

En cas de décès avant la retraite, le capital du PER assurantiel est transmis aux bénéficiaires désignés hors succession, avec un abattement de 152 500 euros par bénéficiaire pour les versements effectués avant 70 ans. Pour un PER bancaire, les fonds intègrent la succession classique.

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