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Immobilier

SCPI en 2026 : le guide complet pour investir dans la pierre papier

Mis à jour le 29 avril 2026
L'essentiel

Les SCPI restent en 2026 l'un des placements les plus attractifs pour investir dans l'immobilier sans les contraintes de la gestion locative. Avec un rendement moyen de 4,72 % en 2025 et des performances pouvant atteindre 6 % à 8 % pour les meilleures SCPI européennes, la pierre papier séduit autant les primo-investisseurs que les patrimoines confirmés. Ce guide détaille le fonctionnement des SCPI, les rendements par catégorie, les trois stratégies d'investissement (direct, à crédit, en assurance-vie), l'avantage fiscal des SCPI européennes et les critères pour bien sélectionner vos SCPI en 2026.

Qu'est-ce qu'une SCPI et comment ça fonctionne ?

Une SCPI (Société Civile de Placement Immobilier) est un véhicule d'investissement collectif qui permet d'accéder à l'immobilier professionnel sans acheter directement un bien. Concrètement, vous achetez des parts d'une société qui détient et gère un patrimoine immobilier diversifié : bureaux, commerces, entrepôts, cliniques, résidences, hôtels. En contrepartie de votre investissement, vous percevez des revenus locatifs proportionnels au nombre de parts détenues.

Le terme pierre papier résume parfaitement le concept : vous investissez dans la pierre (l'immobilier réel) via un support papier (des parts de société). C'est la société de gestion qui s'occupe de tout : acquisition des immeubles, sélection des locataires, encaissement des loyers, travaux d'entretien, revente des actifs. Vous, en tant qu'associé, n'avez rien à gérer.

Le mécanisme en trois étapes

Le fonctionnement d'une SCPI repose sur un circuit simple :

  1. La collecte : la société de gestion émet des parts que les investisseurs achètent. Le capital collecté sert à acquérir des biens immobiliers.
  2. La gestion : la société de gestion assure l'exploitation du parc immobilier (mise en location, perception des loyers, travaux, arbitrages). Elle prélève en contrepartie des frais de gestion, généralement compris entre 8 % et 12 % des loyers encaissés.
  3. La distribution : les loyers nets de charges et de frais de gestion sont redistribués aux associés, le plus souvent chaque trimestre, parfois chaque mois. C'est ce qu'on appelle le taux de distribution.

SCPI vs immobilier locatif en direct : quelles différences ?

Contrairement à l'immobilier locatif en direct, la SCPI élimine les principales contraintes de la gestion immobilière. Pas de locataire à trouver, pas d'impayés à gérer seul, pas de travaux à superviser, pas de vacance locative à supporter en totalité. La mutualisation sur des dizaines voire des centaines d'immeubles et des milliers de locataires lisse considérablement le risque.

L'autre avantage majeur est l'accessibilité. Là où un investissement locatif classique nécessite plusieurs dizaines de milliers d'euros, une SCPI est accessible à partir de quelques centaines d'euros par part. Cette démocratisation de l'immobilier professionnel est l'une des raisons du succès croissant de la pierre papier.

À lire : Immobilier locatif : notre guide complet

Les différents types de SCPI

Le marché français compte plus de 200 SCPI, qui se répartissent en trois grandes familles :

  • Les SCPI de rendement : les plus courantes. Elles visent la distribution régulière de revenus locatifs et investissent principalement dans l'immobilier d'entreprise (bureaux, commerces, logistique, santé). C'est le choix privilégié des investisseurs qui recherchent des revenus complémentaires.
  • Les SCPI fiscales : elles investissent dans des programmes immobiliers résidentiels éligibles à des dispositifs de défiscalisation (Denormandie, déficit foncier, Malraux). Le rendement locatif est plus faible, mais l'avantage fiscal compense pour les contribuables fortement imposés.
  • Les SCPI de plus-value : elles privilégient la revalorisation du patrimoine sur le long terme, avec des distributions faibles ou inexistantes. La performance se matérialise à la revente des parts.

Les rendements SCPI en 2026 : état des lieux par catégorie

Après une année 2024 de transition marquée par les corrections de prix de parts de certaines SCPI historiques, le marché a retrouvé sa dynamique en 2025. Le taux de distribution moyen s'est établi à 4,72 % en 2025 selon l'ASPIM, en hausse par rapport aux 4,52 % de 2024. Les projections pour 2026 tablent sur un maintien de ces niveaux, voire une légère amélioration portée par la reprise du marché immobilier tertiaire et la stabilisation des taux d'intérêt.

Mais derrière cette moyenne se cachent des réalités très différentes selon les stratégies d'investissement. Voici le panorama complet.

SCPI de bureaux : stabilisation après la correction

Les SCPI de bureaux ont été les plus impactées par la remontée des taux en 2023-2024, avec des baisses de prix de parts parfois significatives (10 % à 17 % pour certaines SCPI historiques). En 2026, le marché s'est stabilisé. Les SCPI de bureaux bien positionnées (immeubles récents, localisations prime, baux longs) affichent des rendements de 4 % à 4,5 %. Les SCPI ayant déjà corrigé leur prix de part offrent même des rendements supérieurs sur la base du nouveau prix.

Le télétravail hybride, désormais ancré dans les habitudes, a redistribué les cartes. Les immeubles de bureaux flexibles, bien desservis et aux prestations environnementales élevées (labels ISR, BBC) restent très demandés. Les plateaux vieillissants en périphérie, en revanche, souffrent d'une vacance persistante.

SCPI de commerces : la résilience confirmée

Les SCPI investies dans les commerces de pied d'immeuble, les retail parks et les centres commerciaux de proximité ont traversé les turbulences récentes avec solidité. Les rendements se situent entre 4,5 % et 5,5 % en 2026. Les locataires du commerce essentiel (alimentation, santé, services) offrent une excellente visibilité sur les loyers.

SCPI de santé et de logistique : les valeurs sûres

Le vieillissement de la population et l'essor du e-commerce portent durablement les segments santé (cliniques, EHPAD, cabinets médicaux) et logistique (entrepôts, plateformes de distribution). Ces SCPI thématiques affichent des rendements réguliers, entre 4,5 % et 5,5 %, avec des taux d'occupation proches de 100 % et des baux très longs (9 à 12 ans fermes). C'est le choix de la visibilité et de la récurrence.

SCPI résidentielles : un rendement modeste mais un potentiel de revalorisation

Les SCPI investies dans l'immobilier résidentiel affichent des rendements plus modestes (3 % à 4 %) mais compensent par un potentiel de revalorisation des parts à long terme. Elles bénéficient de la solidité structurelle du marché résidentiel français et d'un risque locatif maîtrisé. Cette catégorie permet d'accéder, via quelques milliers d'euros de parts, à des marchés résidentiels premium autrement difficiles d'accès, que ce soit sur le bassin d'Arcachon ou dans des communes franciliennes comme Levallois-Perret.

SCPI européennes et diversifiées : les championnes du rendement

C'est le segment le plus dynamique du marché. Les SCPI investies en Europe (Allemagne, Pays-Bas, Irlande, Espagne, pays nordiques) et les SCPI de nouvelle génération sans frais de souscription affichent les meilleures performances : entre 5,5 % et 8 % de taux de distribution en 2025. Nous y reviendrons en détail dans la section dédiée aux SCPI européennes.

4,72 %
Rendement moyen SCPI 2025 (taux de distribution)
89 Mds €
Capitalisation totale du marché SCPI
215+
Nombre de SCPI sur le marché français
200 €
Ticket d'entrée minimum (SCPI nouvelle génération)

SCPI en direct, à crédit ou en assurance-vie : quelle stratégie choisir ?

L'un des atouts majeurs des SCPI est la diversité des modes de détention possibles. Chacun répond à une logique patrimoniale différente. Le choix dépend de votre situation fiscale, de votre capacité d'emprunt, de votre horizon de placement et de vos objectifs.

Investir en SCPI au comptant (en direct)

C'est le mode le plus simple. Vous achetez des parts auprès de la société de gestion ou sur le marché secondaire, et vous percevez directement les revenus trimestriels ou mensuels. L'investissement au comptant convient aux personnes qui disposent d'un capital à placer et qui recherchent des revenus complémentaires immédiats.

Avantages : simplicité, revenus immédiats (après le délai de jouissance de 3 à 6 mois), aucune contrainte de remboursement.

Inconvénients : les revenus sont imposés au barème de l'impôt sur le revenu (+ prélèvements sociaux de 17,2 %), ce qui peut s'avérer coûteux pour les contribuables dans les tranches élevées (30 % et au-delà).

Investir en SCPI à crédit : l'effet de levier

L'achat de SCPI à crédit est l'une des stratégies les plus puissantes de la pierre papier. Le principe : vous empruntez pour acquérir des parts de SCPI, et les revenus locatifs financent une partie significative des mensualités de crédit. À l'issue du prêt, vous détenez un capital immobilier constitué en grande partie grâce à l'argent de la banque.

En 2026, les taux d'emprunt pour un crédit SCPI se situent entre 3,50 % et 4,20 % sur 15 à 20 ans. Avec un rendement SCPI de 5 % à 6 %, l'opération reste rentable, d'autant que les intérêts d'emprunt sont déductibles des revenus fonciers générés par les SCPI, réduisant ainsi la base imposable.

Avantages : effet de levier, constitution d'un patrimoine sans mobiliser d'épargne importante, déductibilité des intérêts d'emprunt.

Inconvénients : engagement sur la durée, effort d'épargne mensuel (la différence entre les mensualités du prêt et les revenus SCPI), risque de baisse du prix des parts pendant la durée du crédit.

Exemple concret : un investisseur emprunte 100 000 euros sur 20 ans à 3,80 % pour acheter des parts de SCPI à 5,5 % de rendement. Les revenus annuels bruts s'élèvent à 5 500 euros (environ 458 euros/mois). Les mensualités du crédit sont de 597 euros. L'effort d'épargne mensuel net est donc d'environ 139 euros. Au bout de 20 ans, l'investisseur détient un capital de 100 000 euros (hors revalorisation éventuelle) constitué pour un effort total réel d'environ 33 400 euros.

Investir en SCPI via l'assurance-vie : la stratégie fiscale

Loger des parts de SCPI dans un contrat d'assurance-vie est la stratégie idéale pour les investisseurs souhaitant optimiser la fiscalité de leurs revenus SCPI. À l'intérieur de l'enveloppe, les revenus sont réinvestis automatiquement sans fiscalité immédiate. Vous ne payez d'impôt qu'au moment d'un rachat (retrait), et bénéficiez de la fiscalité avantageuse de l'assurance-vie après 8 ans.

Avantages : capitalisation sans frottement fiscal, fiscalité allégée après 8 ans (abattement de 4 600 euros pour une personne seule, puis imposition à 24,7 %), transmission avantageuse (abattement de 152 500 euros par bénéficiaire).

Inconvénients : les rendements sont généralement amputés de 10 % à 15 % par rapport au direct (l'assureur prélève des frais de gestion supplémentaires sur les UC SCPI), impossibilité d'investir à crédit, choix de SCPI limité à celles référencées dans le contrat.

À lire : Assurance-vie : fonctionnement et avantages fiscaux

Quelle stratégie pour quel profil ?

Il n'existe pas de réponse universelle. Voici les grandes lignes pour orienter votre choix :

  • Vous avez un capital à placer et une TMI faible (0 % à 11 %) : achat en direct au comptant. La fiscalité des revenus fonciers sera modérée.
  • Vous avez une TMI élevée (30 % à 45 %) et un capital disponible : assurance-vie ou SCPI européennes en direct (voir section suivante).
  • Vous avez une capacité d'emprunt et un horizon long terme : achat à crédit, idéalement combiné avec des SCPI européennes pour optimiser la fiscalité des revenus.
  • Vous préparez la transmission de votre patrimoine : assurance-vie pour bénéficier de l'abattement successoral de 152 500 euros par bénéficiaire.

Un conseiller en gestion de patrimoine peut modéliser précisément l'impact fiscal de chaque stratégie selon votre situation personnelle.

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Les SCPI européennes : le choix fiscalement optimal

Les SCPI européennes constituent l'une des évolutions les plus intéressantes du marché ces dernières années. Elles investissent tout ou partie de leur patrimoine dans des pays de la zone euro (Allemagne, Pays-Bas, Irlande, Espagne, Portugal, Italie, pays nordiques), ce qui leur confère un double avantage : une diversification géographique et une fiscalité nettement plus favorable pour l'investisseur français.

L'avantage fiscal des revenus de source européenne

C'est le point central. Les revenus fonciers de source étrangère bénéficient des conventions fiscales bilatérales entre la France et les pays d'investissement. Selon le pays, deux mécanismes s'appliquent :

  • La méthode du crédit d'impôt : applicable pour les revenus provenant d'Allemagne, d'Espagne ou d'Italie notamment. Les revenus sont déclarés en France mais ouvrent droit à un crédit d'impôt équivalent à l'impôt français, ce qui neutralise en grande partie l'imposition.
  • La méthode du taux effectif : applicable pour les revenus provenant des Pays-Bas, de Belgique, du Portugal ou d'Irlande notamment. Les revenus étrangers sont exonérés d'impôt en France mais sont pris en compte pour déterminer le taux d'imposition applicable aux autres revenus.

Dans les deux cas, le résultat est similaire : les revenus SCPI de source européenne échappent à l'impôt sur le revenu français et ne supportent pas les prélèvements sociaux de 17,2 %. Seul un impôt local est prélevé dans le pays source, généralement plus modéré.

Impact concret sur le rendement net

Prenons un exemple parlant. Un investisseur dans la tranche marginale à 30 % investit 100 000 euros en SCPI avec un rendement brut de 5 % :

  • SCPI française en direct : 5 000 euros bruts, imposés à 30 % (IR) + 17,2 % (PS) = 2 360 euros d'impôts. Rendement net : 2 640 euros, soit 2,64 %.
  • SCPI européenne en direct : 5 000 euros bruts, exonérés d'IR et de PS en France. Après imposition locale (variable selon les pays, estimée à 15 % en moyenne) : rendement net d'environ 4 250 euros, soit 4,25 %.

L'écart de rendement net est considérable : plus de 1,6 point de pourcentage en faveur de la SCPI européenne, à rendement brut identique. Pour un investisseur dans la tranche à 41 %, l'avantage est encore plus marqué.

Les meilleures SCPI européennes en 2026

Le marché propose désormais une offre abondante de SCPI à composante européenne. Les SCPI de nouvelle génération, lancées après 2020, sont particulièrement compétitives : pas de frais de souscription (ou des frais très réduits), diversification paneuropéenne, taille encore modeste permettant d'investir sur des opportunités de marché que les gros acteurs ne peuvent saisir.

Les rendements des meilleures SCPI européennes se situent entre 5,5 % et 8 % bruts en 2025, avec des performances nettes après fiscalité souvent supérieures à 5 %. C'est aujourd'hui la catégorie qui offre le meilleur couple rendement/fiscalité du marché SCPI.

À lire : Où placer son argent en 2026 : notre guide complet

Comment sélectionner les meilleures SCPI : critères et pièges à éviter

Avec plus de 215 SCPI sur le marché français, le choix peut sembler complexe. Tous les véhicules ne se valent pas, et une sélection rigoureuse est indispensable pour optimiser votre investissement. Voici les critères essentiels à analyser et les pièges les plus fréquents.

Les critères de sélection incontournables

1. Le taux de distribution (TD)

C'est l'indicateur de rendement officiel, publié par l'ASPIM. Il rapporte le dividende versé au prix de part au 1er janvier de l'année. Comparez les TD sur 3 à 5 ans plutôt que sur une seule année pour évaluer la régularité de la performance.

2. Le taux d'occupation financier (TOF)

Il mesure le pourcentage des loyers effectivement perçus par rapport aux loyers théoriques si tout le parc était loué. Un TOF supérieur à 93 % est un bon signal. En dessous de 90 %, la vigilance s'impose : cela signifie qu'une part significative du patrimoine est vacante ou en franchise de loyer.

3. Le report à nouveau (RAN)

Le report à nouveau représente les bénéfices mis en réserve par la SCPI. Exprimé en jours de distribution, il traduit la capacité de la SCPI à maintenir son dividende même en cas de baisse temporaire des loyers. Un RAN supérieur à 30 jours est rassurant.

4. La diversification du patrimoine

Nombre d'immeubles, répartition géographique, nombre de locataires, diversité sectorielle : plus la SCPI est diversifiée, plus le risque est lissé. Une SCPI qui détient 5 immeubles est structurellement plus risquée qu'une SCPI qui en détient 80.

5. La qualité de la société de gestion

L'historique de la société de gestion, son expérience, la taille de ses encours sous gestion et sa capacité à traverser les cycles immobiliers sont des critères déterminants. Privilégiez les sociétés de gestion agréées par l'AMF avec un track record d'au moins 10 ans.

6. Les frais

Les frais de souscription (souvent entre 8 % et 12 % pour les SCPI classiques, 0 % pour les SCPI de nouvelle génération) et les frais de gestion (8 % à 12 % des loyers) impactent directement la performance. Les SCPI sans frais d'entrée compensent généralement par des frais de gestion légèrement plus élevés ou des frais de retrait en cas de sortie anticipée.

Les pièges à éviter

  • Se focaliser uniquement sur le rendement : un rendement élevé peut masquer une prise de risque excessive, une concentration sectorielle ou un prix de part surévalué. Analysez toujours le rendement en regard du TOF, du RAN et de la diversification.
  • Ignorer la liquidité : les SCPI ne sont pas des placements liquides. La revente des parts peut prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois dans les périodes de tension. Investissez uniquement l'argent dont vous n'avez pas besoin à court terme (horizon minimum recommandé : 8 à 10 ans).
  • Négliger l'évolution du prix de part : certaines SCPI ont revalorisé leurs parts de 2 % à 3 % par an pendant des années avant de subir des baisses brutales en 2023-2024. Vérifiez que le prix de part actuel est cohérent avec la valeur de reconstitution (valeur réelle du patrimoine).
  • Concentrer tout son investissement sur une seule SCPI : même la meilleure SCPI peut traverser des difficultés. Diversifiez sur 3 à 5 SCPI aux stratégies complémentaires (géographie, secteur, société de gestion).
  • Acheter sans conseil : la sélection, le mode de détention et le timing d'investissement ont un impact majeur sur la performance finale. Un conseiller en gestion de patrimoine indépendant analyse l'ensemble de ces paramètres pour construire un portefeuille SCPI cohérent avec votre situation.

Fiscalité des SCPI : revenus fonciers, plus-values et cas particuliers

La fiscalité est le talon d'Achille des SCPI détenues en direct. Comprendre les règles d'imposition est indispensable pour évaluer le rendement réel de votre investissement et choisir le mode de détention le plus adapté.

L'imposition des revenus SCPI en direct

Les revenus distribués par une SCPI sont de nature foncière. Ils s'ajoutent à vos autres revenus et sont imposés selon votre tranche marginale d'imposition, plus les prélèvements sociaux de 17,2 %. Concrètement :

  • TMI à 11 % : imposition totale de 28,2 % (11 % + 17,2 %)
  • TMI à 30 % : imposition totale de 47,2 % (30 % + 17,2 %)
  • TMI à 41 % : imposition totale de 58,2 % (41 % + 17,2 %)
  • TMI à 45 % : imposition totale de 62,2 % (45 % + 17,2 %)

Vous comprenez pourquoi les SCPI européennes, qui échappent à ce régime, sont devenues si populaires auprès des investisseurs fortement imposés.

Le régime micro-foncier vs le régime réel

Si vos revenus fonciers bruts totaux (SCPI + éventuels biens en direct) ne dépassent pas 15 000 euros par an, vous pouvez opter pour le régime micro-foncier qui applique un abattement forfaitaire de 30 %. Au-delà, ou si vous avez des charges déductibles significatives (intérêts d'emprunt, travaux), le régime réel est souvent plus avantageux car il permet de déduire les charges réelles.

Le régime réel est quasiment systématiquement préférable lorsque vous investissez en SCPI à crédit, car les intérêts d'emprunt viennent réduire la base imposable. Dans certains cas, les intérêts d'emprunt peuvent même créer un déficit foncier imputable sur le revenu global dans la limite de 10 700 euros par an.

La fiscalité des plus-values de cession

Lorsque vous revendez vos parts de SCPI, la plus-value éventuelle est soumise au régime des plus-values immobilières des particuliers :

  • Impôt sur le revenu : 19 %, avec un abattement progressif à partir de la 6e année de détention (exonération totale au bout de 22 ans).
  • Prélèvements sociaux : 17,2 %, avec un abattement progressif à partir de la 6e année (exonération totale au bout de 30 ans).

Après 22 ans de détention, la plus-value est totalement exonérée d'impôt sur le revenu. Après 30 ans, l'exonération est totale (IR + PS). Ces durées longues confirment que la SCPI est un investissement de long terme.

SCPI et IFI : ce qu'il faut savoir

Les parts de SCPI entrent dans l'assiette de l'Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) pour leur valeur représentative de l'immobilier détenu. La société de gestion communique chaque année le pourcentage de la part correspondant à des actifs immobiliers (généralement entre 70 % et 90 %). Si votre patrimoine immobilier net dépasse 1,3 million d'euros, les SCPI viennent s'ajouter à la base taxable.

Astuce : les SCPI détenues à crédit permettent de déduire le capital restant dû de l'assiette IFI, ce qui peut constituer un levier intéressant pour les patrimoines soumis à cet impôt.

À lire : Produits structurés : une alternative pour diversifier votre patrimoine

Construire son portefeuille SCPI en 2026 : nos recommandations

Investir en SCPI ne se résume pas à choisir la SCPI avec le meilleur rendement de l'année précédente. Une approche structurée, diversifiée et alignée sur votre situation patrimoniale est la clé d'un investissement réussi.

Diversifier sur plusieurs axes

Un portefeuille SCPI bien construit diversifie sur trois axes :

  • La géographie : combinez SCPI françaises et européennes pour lisser le risque immobilier local et optimiser la fiscalité.
  • Les secteurs : bureaux, santé, logistique, commerces, résidentiel. Chaque segment a ses propres cycles et ses propres moteurs de croissance.
  • Les sociétés de gestion : répartissez vos investissements entre au moins 2 à 3 sociétés de gestion différentes pour limiter le risque opérationnel.

Exemple d'allocation SCPI équilibrée en 2026

Pour un investissement de 50 000 euros en SCPI, voici une allocation type que nous pourrions recommander (à adapter selon votre profil) :

  • 30 % en SCPI européenne diversifiée (nouvelle génération, sans frais de souscription) : rendement cible 6 % à 7 %, fiscalité optimisée.
  • 25 % en SCPI de santé/logistique : rendement cible 5 % à 5,5 %, forte visibilité sur les loyers.
  • 25 % en SCPI de bureaux/commerces prime (SCPI historique bien gérée) : rendement cible 4,5 % à 5 %, patrimoine de qualité.
  • 20 % en SCPI diversifiée européenne (second gérant pour la diversification) : rendement cible 5,5 % à 6,5 %.

Cette allocation cible un rendement brut moyen de 5,3 % à 5,8 %, avec un rendement net après fiscalité sensiblement supérieur à un portefeuille 100 % français grâce à la composante européenne.

Le bon timing : faut-il attendre pour investir en SCPI ?

La question du timing revient systématiquement. La correction des prix de parts de 2023-2024 a créé des opportunités sur certaines SCPI historiques décotées. Parallèlement, les SCPI de nouvelle génération ont collecté massivement, leur permettant d'acheter des immeubles dans un marché favorable aux acquéreurs.

En 2026, le marché immobilier tertiaire se stabilise et les taux d'intérêt ont amorcé leur décrue. C'est un environnement propice à l'investissement en SCPI, tant pour les SCPI décotées (potentiel de revalorisation) que pour les SCPI récentes (achats à bon prix). L'investissement progressif (en plusieurs tranches sur 6 à 12 mois) reste une approche prudente pour lisser le risque de timing.

Questions fréquentes

Le rendement moyen des SCPI (taux de distribution) s'est établi à 4,72 % en 2025, et les projections 2026 tablent sur un niveau comparable, entre 4,5 % et 5 %. Les SCPI européennes diversifiées et les SCPI de nouvelle génération affichent des performances supérieures, pouvant atteindre 6 % à 8 % pour les meilleures. Les SCPI de bureaux se situent plutôt entre 4 % et 4,5 %, tandis que les SCPI de santé et de logistique offrent entre 4,5 % et 5,5 %.

Oui, il est tout à fait possible d'investir en SCPI à partir de quelques centaines d'euros. Certaines SCPI de nouvelle génération proposent des parts à partir de 200 à 300 euros, sans frais de souscription. Via l'assurance-vie, le ticket d'entrée peut descendre à 500 euros. L'investissement programmé (mensualisé) est également proposé par plusieurs sociétés de gestion, permettant d'investir 50 à 200 euros par mois.

Les deux modes de détention ont leurs avantages. En direct, vous percevez les revenus et pouvez investir à crédit pour bénéficier de l'effet de levier et déduire les intérêts d'emprunt. Via l'assurance-vie, les revenus sont capitalisés sans fiscalité immédiate et bénéficient de la fiscalité avantageuse de l'enveloppe après 8 ans (abattement de 4 600 euros sur les gains, puis imposition à 24,7 %). Le choix dépend principalement de votre tranche marginale d'imposition et de votre stratégie patrimoniale globale.

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