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Choisir ses enveloppes fiscales pour investir en bourse en 2026 : PEA, CTO, assurance-vie, PER

Mis à jour le 27 février 2026
L'essentiel

Investir en bourse ne se résume pas à choisir les bons actifs : le choix de l'enveloppe fiscale est tout aussi déterminant pour votre rendement net. En 2026, quatre enveloppes coexistent - PEA, CTO, assurance-vie et PER - avec des règles fiscales, des plafonds et des contraintes très différents. Pour la grande majorité des investisseurs, la stratégie optimale consiste à combiner le PEA (exonération d'impôt après 5 ans, idéal pour les actions européennes), l'assurance-vie multisupport (polyvalence, fiscalité après 8 ans, avantages successoraux) et le PER (déduction fiscale immédiate pour les hauts revenus). Le CTO complète en dernier recours pour les actifs non éligibles aux autres enveloppes.

Pourquoi l'enveloppe fiscale est aussi importante que les actifs choisis

L'impact de la fiscalité sur la performance réelle

Un investisseur qui réalise 7 % de performance annuelle brute sur son portefeuille obtiendra des résultats très différents selon l'enveloppe utilisée. Sur un CTO, il paiera 30 % de PFU (prélèvement forfaitaire unique) sur chaque dividende et chaque plus-value réalisée. Sur un PEA de plus de 5 ans, seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % s'appliquent à la sortie. Sur une assurance-vie de plus de 8 ans, un abattement annuel de 4 600 € (ou 9 200 € pour un couple) réduit encore la base imposable.

Sur 20 ans, la différence peut représenter plusieurs dizaines de milliers d'euros. La règle d'or : laisser fructifier les intérêts composés à l'abri de la fiscalité le plus longtemps possible.

En 2026, les marchés financiers restent accessibles à des frais historiquement bas grâce aux ETF (trackers). Mais l'écart de rendement net entre les enveloppes demeure considérable, ce qui justifie une réflexion approfondie sur le contenant avant même de s'interroger sur le contenu.

Les quatre grandes enveloppes d'investissement en bourse

Le législateur a conçu plusieurs contenants pour orienter l'épargne vers différents objectifs. Chacun comporte des avantages et des contraintes spécifiques qu'il convient de connaître avant tout investissement. À noter que ces enveloppes ne sont pas exclusives : un même investisseur peut en détenir plusieurs simultanément, et la stratégie optimale consiste généralement à les combiner intelligemment selon sa situation personnelle.

Pour placer son argent efficacement, il ne suffit pas d'identifier les meilleurs actifs financiers ; il faut aussi optimiser la fiscalité applicable aux gains générés. C'est là que le rôle du conseiller en gestion de patrimoine prend tout son sens : identifier la meilleure combinaison d'enveloppes selon votre tranche marginale d'imposition, votre horizon de placement et vos objectifs patrimoniaux.

30 %
PFU applicable sur CTO (flat tax)
17,2 %
Prélèvements sociaux sur PEA après 5 ans
150 000 €
Plafond de versements PEA
4 600 €
Abattement annuel assurance-vie (8 ans)

Le PEA : la référence pour les actions européennes

Fonctionnement et règles du PEA en 2026

Le Plan d'Épargne en Actions (PEA) est l'enveloppe fiscale la plus avantageuse pour investir en actions européennes sur le long terme. Il permet d'investir en actions de sociétés ayant leur siège dans l'Union Européenne ou l'Espace Économique Européen, mais aussi dans des OPCVM et ETF dont l'actif est composé à plus de 75 % de titres éligibles.

En 2026, le plafond de versements reste fixé à 150 000 € par personne (225 000 € pour un PEA-PME). Il est possible de détenir un PEA classique et un PEA-PME simultanément, dans la limite globale de 225 000 € (ou 300 000 € pour un couple marié ou pacsé qui optimise avec un PEA par personne). Chaque contribuable ne peut détenir qu'un seul PEA.

L'horloge des 5 ans commence à courir dès la date d'ouverture du compte, même si vous n'y effectuez qu'un versement symbolique. Il est donc impératif d'ouvrir son PEA le plus tôt possible, sans attendre d'avoir un capital significatif à investir.

Fiscalité du PEA : l'avantage majeur après 5 ans

Avant 5 ans d'ancienneté, tout retrait entraîne la clôture du PEA et les gains sont soumis au PFU de 30 %. Après 5 ans, les retraits partiels sont possibles sans clôture du compte. Seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % s'appliquent aux plus-values et dividendes, l'impôt sur le revenu étant totalement exonéré.

Concrètement, pour un investisseur en tranche marginale d'imposition (TMI) de 30 %, la différence est massive : 30 % de PFU sur CTO contre 17,2 % sur PEA après 5 ans. Pour un TMI de 41 % ou 45 %, l'avantage du PEA est encore plus marqué si l'on opte pour le barème progressif sur le CTO.

Les dividendes perçus dans le PEA restent dans l'enveloppe et ne sont pas imposés tant qu'ils ne sont pas retirés. Cette capitalisation en franchise d'impôt est l'un des moteurs les plus puissants de constitution de patrimoine sur le long terme.

Les limites du PEA à connaître

Le PEA ne permet pas d'investir dans des actions américaines, japonaises ou d'autres marchés hors EEE directement. Certains ETF répliquant des indices mondiaux comme le MSCI World ou le S&P 500 sont néanmoins éligibles au PEA grâce à la technique de la réplication synthétique (swap). Cette particularité permet de contourner partiellement la restriction géographique.

Par ailleurs, le PEA ne peut pas être utilisé comme garantie d'un emprunt, et les versements doivent obligatoirement être effectués en numéraire (cash), pas en titres. Enfin, en cas de décès du titulaire, le PEA est clôturé et les héritiers récupèrent les actifs via la succession classique, sans les avantages successoraux de l'assurance-vie.

À lire : Placer son argent en 2026 : comparatif des meilleurs placements

L'assurance-vie multisupport : la polyvalence avant tout

L'assurance-vie comme enveloppe d'investissement boursier

L'assurance-vie est souvent associée au fonds en euros sécurisé, mais sa dimension « investissement boursier » via les unités de compte (UC) est tout aussi importante. En 2026, les contrats modernes permettent d'accéder à des milliers d'UC : actions, ETF, obligations, SCPI, fonds de private equity, produits structurés.

L'assurance-vie n'a aucun plafond de versements (contrairement au PEA) et permet d'investir sur l'ensemble des marchés mondiaux. C'est une enveloppe universelle, adaptée à tous les profils et tous les horizons de placement.

Les gains capitalisent à l'intérieur du contrat sans imposition tant qu'ils ne sont pas rachetés. Les arbitrages entre supports (basculer d'un fonds actions vers un fonds monétaire, par exemple) ne génèrent aucune imposition à l'intérieur de l'enveloppe.

La fiscalité avantageuse après 8 ans

La fiscalité de l'assurance-vie fonctionne par tranches temporelles. Avant 4 ans, les gains sont taxés au PFU de 30 % comme un CTO. Entre 4 et 8 ans, le taux passe à 15 % + prélèvements sociaux. Après 8 ans, la fiscalité devient particulièrement avantageuse : un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple marié ou pacsé) s'applique sur les gains retirés, et le taux d'imposition sur la fraction excédant cet abattement passe à 7,5 % pour les primes versées avant le 27 septembre 2017, et à 12,8 % pour les primes versées après cette date (dans la limite de 150 000 € encours).

En pratique, un couple ayant un contrat de plus de 8 ans peut retirer chaque année jusqu'à 9 200 € de gains totalement exonérés d'impôt sur le revenu. Au fil des années, c'est une source de revenus complémentaires totalement défiscalisés très appréciable pour préparer sa retraite.

L'atout successoral de l'assurance-vie

L'assurance-vie bénéficie d'un régime successoral exceptionnel. Les capitaux transmis aux bénéficiaires désignés échappent aux droits de succession dans la limite de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans. Au-delà, le taux est de 20 % jusqu'à 700 000 € puis 31,25 %. Pour les primes versées après 70 ans, l'abattement global est de 30 500 €.

Ce double avantage - performance capitalisée + optimisation successorale - fait de l'assurance-vie une pièce maîtresse de toute stratégie patrimoniale pour transmettre son patrimoine. Pensez à bien rédiger votre clause bénéficiaire pour en tirer le meilleur parti.

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Le PER : investir en bourse tout en réduisant ses impôts

Le PER, bien plus qu'un produit retraite

Le Plan d'Épargne Retraite (PER) créé par la loi PACTE en 2019 est souvent perçu uniquement comme un produit retraite. C'est en réalité une enveloppe d'investissement à part entière, avec l'avantage décisif d'une déductibilité fiscale immédiate des versements. En 2026, les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable dans la limite de 10 % des revenus professionnels de l'année précédente (plafonnés à 35 194 € pour 2026).

Pour un contribuable en TMI à 41 %, verser 10 000 € sur un PER génère une économie d'impôt immédiate de 4 100 €. Cette subvention fiscale de l'État constitue un rendement garanti dès la première année, avant même toute performance des marchés.

À l'intérieur du PER, les supports d'investissement sont identiques à ceux de l'assurance-vie : fonds en euros, actions, ETF, SCPI, produits structurés. Les arbitrages internes n'entraînent aucune imposition.

La fiscalité à la sortie du PER

La contrepartie de la déductibilité à l'entrée est une imposition à la sortie. À la retraite, le capital récupéré est soumis à l'impôt sur le revenu pour la part correspondant aux versements déduits, et les plus-values sont soumises au PFU de 30 %. En sortie en rente, la rente est imposée comme un revenu classique après abattement selon l'âge.

Cette fiscalité à la sortie est généralement avantageuse pour les contribuables dont le taux marginal diminue à la retraite (passage de 41 % pendant la vie active à 30 % ou moins à la retraite). La déduction est effectuée à un taux élevé, la réimposition intervient à un taux plus faible : c'est le mécanisme clé du PER.

Le PER est également transmissible en cas de décès, avec des règles proches de l'assurance-vie pour les contrats individuels.

Les cas de déblocage anticipé du PER

Contrairement à une idée reçue, le PER n'est pas totalement bloqué jusqu'à la retraite. La loi prévoit six cas de déblocage anticipé : invalidité (du titulaire, de ses enfants, de son conjoint), décès du conjoint ou partenaire de PACS, surendettement, expiration des droits au chômage, cessation d'activité non salariée suite à liquidation judiciaire, et acquisition de la résidence principale. Ce dernier cas est particulièrement utilisé pour constituer un apport immobilier tout en ayant bénéficié d'une déduction fiscale à l'entrée.

À lire : PER : fonctionnement, fiscalité et stratégies d'optimisation

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Le compte-titres ordinaire : la liberté sans plafond

Les spécificités du CTO

Le compte-titres ordinaire (CTO) est l'enveloppe la plus flexible : pas de plafond de versements, pas de restriction sur les actifs éligibles, pas de contrainte de durée de détention. Vous pouvez y loger des actions du monde entier, des ETF, des obligations, des warrants, des certificats, des crypto-ETF, du private equity coté. C'est l'enveloppe universelle par excellence.

Sa principale faiblesse est fiscale : tous les gains (dividendes, plus-values) sont soumis au PFU de 30 % dès le premier euro, sans aucune période d'exonération. Pour un investisseur long terme en phase de capitalisation, cette imposition annuelle des dividendes érode significativement la performance cumulée par rapport au PEA ou à l'assurance-vie.

Il est possible de détenir plusieurs CTO et d'en ouvrir en couple, ce qui offre une souplesse totale pour la gestion familiale du patrimoine.

Quand le CTO devient pertinent ?

Le CTO devient le bon choix dans plusieurs situations. D'abord, quand le PEA est saturé (plafond de 150 000 € atteint) : il faut alors un véhicule pour continuer à investir en actions éligibles ou non au PEA. Ensuite, pour accéder à des actifs non éligibles aux autres enveloppes : actions américaines détenues en direct, obligations d'entreprises, ETF synthétiques non éligibles au PEA, futures.

Le CTO présente aussi un avantage souvent méconnu : la possibilité d'imputer les moins-values sur les plus-values pendant 10 ans. Lors des années de bonne performance, si vous avez des moins-values latentes sur certaines lignes, les réaliser pour neutraliser les gains d'autres positions est une optimisation fiscale pertinente (le "tax loss harvesting").

Enfin, pour les contribuables non imposables ou en très faible tranche (TMI de 0 ou 11 %), le PFU de 30 % peut être désavantageux par rapport au barème progressif. Ces profils peuvent exercer l'option pour le barème progressif à l'occasion de leur déclaration annuelle, ce qui peut réduire l'imposition globale.

CTO en SCI ou en holding : des alternatives à connaître

Pour les investisseurs disposant d'un patrimoine important, détenir les titres via une société à l'IS (SCI ou holding) peut permettre de différer l'imposition et de bénéficier du régime mère-fille (exonération quasi-totale des dividendes reçus de filiales détenues à plus de 5 %). Cette stratégie, plus complexe, mérite une analyse spécifique avec votre cabinet de gestion de patrimoine.

À lire : Réduire ses impôts en 2026 : toutes les stratégies légales

Tableau comparatif : PEA, CTO, assurance-vie, PER

Synthèse des critères clés

Pour choisir entre les enveloppes, il faut comparer systématiquement cinq critères : la fiscalité des gains, le plafond de versements, les actifs éligibles, la liquidité (possibilité de retrait sans pénalité) et les avantages patrimoniaux (succession, déduction fiscale).

PEA : Exonération d'IR après 5 ans (17,2 % de prélèvements sociaux seulement). Plafond à 150 000 €. Limité aux actions européennes (ETF synthétiques permettent l'exposition mondiale). Retrait possible sans clôture après 5 ans. Pas d'avantage successoral particulier.

Assurance-vie : Abattement après 8 ans, taux allégé (7,5 % ou 12,8 % sur la part excédentaire). Pas de plafond. Tous actifs accessibles via UC. Rachats partiels possibles à tout moment. Avantage successoral exceptionnel (152 500 € par bénéficiaire hors droits de succession).

PER : Déduction à l'entrée, imposition à la sortie. Plafond de déduction (10 % des revenus, max ~35 000 €). Tous actifs via UC. Fonds bloqués jusqu'à la retraite (sauf cas exceptionnels). Transmission possible avec avantages proches de l'assurance-vie selon la nature du PER.

CTO : PFU de 30 % sur tous les gains. Pas de plafond. Tous actifs éligibles sans restriction. Liquidité totale immédiate. Imputation de moins-values sur 10 ans. Pas d'avantage successoral spécifique.

Quelle enveloppe prioritaire selon votre profil ?

Pour un investisseur débutant avec un horizon long terme : ouvrir un PEA en priorité (faire courir l'horloge des 5 ans) et une assurance-vie multisupport (faire courir l'horloge des 8 ans). Ces deux enveloppes couvrent 90 % des besoins d'un investisseur particulier.

Pour un contribuable fortement fiscalisé (TMI 41 % ou 45 %) : maximiser les versements sur un PER pour bénéficier de la déduction fiscale immédiate, tout en maintenant une allocation sur PEA et assurance-vie.

Pour un investisseur ayant déjà saturé son PEA : basculer vers le CTO pour les achats d'actions complémentaires, et vers l'assurance-vie pour la diversification internationale (ETF MSCI World, obligations, SCPI).

5 ans
Ancienneté PEA pour l'exonération d'IR
8 ans
Ancienneté assurance-vie pour l'abattement
35 194 €
Plafond déduction PER 2026 (max)
152 500 €
Abattement successoral par bénéficiaire (AV)

Stratégie d'allocation entre les enveloppes

La règle de priorité pour optimiser la fiscalité globale

Une règle simple permet de structurer l'allocation entre enveloppes pour la plupart des investisseurs. En premier lieu, remplissez votre PEA avec les actifs actions les plus performants et les ETF à fort potentiel de plus-value : c'est là que l'exonération d'IR aura le plus d'impact. En deuxième lieu, utilisez l'assurance-vie pour les actifs obligataires, les SCPI, les produits structurés et les ETF mondiaux non synthétiques (non éligibles au PEA). En troisième lieu, maximisez le PER si votre TMI est élevé (30 % ou plus), en ciblant des actifs dynamiques sur un horizon long.

Pour les actifs à fort rendement mais fiscalement peu efficaces (obligations à coupon élevé, fonds de private equity distribués), préférez les loger dans l'assurance-vie ou le PER plutôt que sur le CTO.

La gestion des flux : dividendes et coupons

Sur un CTO, les dividendes reçus sont imposés immédiatement à 30 %, même réinvestis. Sur un PEA, les dividendes restent dans l'enveloppe et se réinvestissent en franchise d'impôt. Sur une assurance-vie, les dividendes et coupons restent dans le contrat et capitalisent sans imposition. Cette différence de traitement des flux favorise très nettement le PEA et l'assurance-vie pour les investisseurs souhaitant maximiser l'effet des intérêts composés.

En phase de consommation (retraite), la logique s'inverse partiellement : le CTO permet des retraits sans contrainte de durée, tandis que l'assurance-vie nécessite une durée de 8 ans pour les abattements. Les retraits du PEA après 5 ans sont libres mais referment partiellement la capacité de réinvestissement.

Combiner les enveloppes au sein d'un couple

La démultiplication des enveloppes au sein d'un couple offre des possibilités considérables. Deux PEA (300 000 € de plafond total), deux PEA-PME (300 000 € supplémentaires), deux assurances-vie (abattement successoral doublé, abattement annuel de 9 200 € après 8 ans), deux PER (déduction fiscale doublée). L'optimisation patrimoniale globale d'un couple peut ainsi être démultipliée par rapport à une gestion individuelle. Votre cabinet de gestion de patrimoine peut vous aider à structurer cette allocation familiale de manière cohérente.

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Fiscalité avancée : les règles à maîtriser en 2026

Le PFU (flat tax) et l'option barème progressif

Depuis 2018, les revenus du capital (dividendes, plus-values mobilières, intérêts) sont soumis par défaut au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 %, comprenant 12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Il est possible d'opter globalement pour le barème progressif de l'IR si cela est plus avantageux.

L'option barème progressif est avantageuse si votre TMI est inférieur à 12,8 % (contribuables peu imposés), car vous paierez moins d'IR. Elle permet aussi de bénéficier de l'abattement de 40 % sur les dividendes versés par des sociétés françaises ou européennes, ce qui peut être intéressant. Cette option s'applique de manière globale à l'ensemble des revenus mobiliers de l'année, on ne peut pas choisir enveloppe par enveloppe. Il est donc essentiel de calculer l'impact global avant d'opter.

Le traitement des moins-values mobilières

Les moins-values réalisées sur CTO sont imputables sur les plus-values de même nature réalisées durant la même année ou les 10 années suivantes. Cette règle permet une optimisation fiscale active : "récolter" des moins-values latentes pour neutraliser des plus-values réalisées, puis racheter les mêmes actifs après un délai pour maintenir l'exposition souhaitée.

Attention : les moins-values réalisées dans un PEA ou une assurance-vie ne sont pas déductibles sur le CTO, et vice versa. Chaque enveloppe est fiscalement étanche vis-à-vis des autres.

Les prélèvements sociaux et leur impact

Les prélèvements sociaux (17,2 % en 2026) s'appliquent sur l'ensemble des revenus du capital, quelle que soit l'enveloppe. Même sur un PEA de plus de 5 ans, les prélèvements sociaux restent dus à la sortie. Sur l'assurance-vie, ils s'appliquent chaque année sur les intérêts du fonds en euros et à la sortie sur les UC. Sur le PER, ils s'appliquent sur la part des plus-values à la sortie.

La CSG payée sur les revenus du patrimoine est partiellement déductible du revenu imposable l'année suivante (6,8 points sur 17,2 % sont déductibles si vous optez pour le barème progressif). Cette mécanique complexe justifie un suivi rigoureux de votre situation fiscale avec votre conseiller patrimonial.

À lire : Assurance-vie 2026 : fonctionnement, fiscalité et stratégies d'investissement

Les erreurs à éviter dans le choix des enveloppes

Attendre avant d'ouvrir son PEA

La première erreur est de repousser l'ouverture du PEA au prétexte de ne pas avoir suffisamment d'argent à investir. L'horloge fiscale des 5 ans commence dès l'ouverture, quelle que soit la somme initiale. Un euro suffit pour ouvrir un PEA et déclencher le compte à rebours. Retarder l'ouverture d'un an revient à repousser d'un an la date à laquelle vous pourrez effectuer des retraits en franchise d'IR.

Privilégier le rendement brut au rendement net

Comparer les performances de produits financiers sans tenir compte de leur enveloppe fiscale est une erreur classique. Un fonds affiché à 8 % brut sur CTO peut délivrer moins de rendement net qu'un fonds à 7 % brut sur PEA après 5 ans. La comparaison pertinente est toujours en rendement net d'impôts et de prélèvements sociaux.

Négliger la clause bénéficiaire de l'assurance-vie

L'assurance-vie est un outil d'investissement mais aussi de transmission. Négliger la rédaction de la clause bénéficiaire, c'est risquer de perdre tous les avantages successoraux pourtant inhérents à ce contrat. La clause « ma succession » est une erreur rédhibitoire qui réintègre le capital dans l'actif taxable au titre des droits de succession. Une clause nominative bien rédigée avec bénéficiaires de substitution est indispensable.

Sur-concentrer sur une seule enveloppe

Tout miser sur une seule enveloppe, même le PEA, est sous-optimal. Le PEA bloque en cas de retrait avant 5 ans (clôture du compte), n'offre pas d'avantages successoraux et est limité à 150 000 €. L'assurance-vie impose des frais de gestion plus élevés que le PEA. Le PER immobilise jusqu'à la retraite. La diversification des enveloppes est une stratégie de résilience autant que d'optimisation.

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Questions fréquentes

Le PEA offre une exonération d'impôt sur le revenu après 5 ans (seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus), mais est limité à 150 000 € de versements et principalement aux actions européennes. Le CTO n'a aucun plafond ni restriction géographique, mais les gains sont taxés au PFU de 30 % dès le premier euro. Le PEA est donc privilégié pour les investissements long terme en actions, notamment via des ETF éligibles qui permettent une exposition mondiale même dans cette enveloppe.

Oui, via les unités de compte (UC) disponibles dans le contrat. L'assurance-vie multisupport permet d'investir en actions, obligations, ETF et SCPI tout en bénéficiant de la fiscalité avantageuse de l'enveloppe : exonération des gains tant qu'ils restent dans le contrat, abattement fiscal après 8 ans (4 600 € pour un célibataire, 9 200 € pour un couple) et fiscalité allégée à la sortie. Les arbitrages internes entre supports ne génèrent aucune imposition.

Le PER permet d'accéder aux marchés financiers via des unités de compte, mais son point fort est la déductibilité des versements du revenu imposable (dans la limite des plafonds légaux). Il est particulièrement adapté pour les contribuables fortement imposés souhaitant réduire leur impôt tout en se constituant une épargne retraite investie en bourse. En contrepartie, les fonds sont bloqués jusqu'à la retraite sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi.

Oui, et c'est même une stratégie recommandée. Le PEA est idéal pour les actions européennes avec une fiscalité nulle après 5 ans. L'assurance-vie complète en donnant accès à des actifs plus diversifiés (actions mondiales via ETF, obligations, SCPI, produits structurés) avec une fiscalité avantageuse à 8 ans et des avantages successoraux considérables. Les deux enveloppes sont parfaitement complémentaires et leur combinaison couvre la quasi-totalité des besoins d'un investisseur particulier.

Le CTO devient pertinent quand le PEA est saturé (plafond de 150 000 € atteint) ou pour investir dans des actifs non éligibles au PEA : actions américaines ou asiatiques détenues en direct, obligations, cryptoactifs, produits dérivés. Il est aussi utile pour les investisseurs souhaitant réaliser des moins-values fiscalement déductibles, car les pertes sur CTO peuvent s'imputer sur les gains de la même catégorie pendant 10 ans.

Pour débuter, ouvrez en priorité un PEA : l'horloge fiscale des 5 ans démarre dès l'ouverture du compte, même si vous n'y versez qu'un euro. Parallèlement, ouvrez une assurance-vie multisupport pour faire courir l'ancienneté de 8 ans. Ces deux enveloppes couvrent la majorité des besoins pour un portefeuille boursier diversifié. Le PER et le CTO viendront compléter selon votre situation fiscale et vos objectifs patrimoniaux.

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