- Capital décès de la Sécu : 4 009 € en 2026, largement insuffisant pour maintenir le niveau de vie d'un foyer.
- Indemnités journalières plafonnées : 52 €/jour net les 3 premiers mois, 69 €/jour ensuite - soit une chute de revenus de 40 à 60 % pour un cadre.
- Pension de réversion : 54 % de la retraite du défunt (régime de base), réservée aux conjoints mariés de plus de 55 ans.
- Prévoyance individuelle : un contrat coûte 30 à 150 €/mois selon les garanties et couvre décès, invalidité, incapacité.
- TNS et indépendants : les cotisations Madelin sont déductibles du revenu imposable (plafond 11 534 € en 2026).
La prévoyance désigne l'ensemble des contrats qui protègent votre famille et vos revenus en cas de décès, d'invalidité ou d'incapacité de travail. En 2026, le capital décès versé par la Sécurité sociale plafonne à 4 009 € - un montant dérisoire face aux charges d'un foyer. Sans contrat de prévoyance individuel, un arrêt de travail prolongé ou un décès prématuré peut plonger une famille dans la précarité financière en quelques mois.
Pourquoi la protection sociale obligatoire ne suffit pas
La Sécurité sociale et les régimes complémentaires offrent un socle de protection en cas de coup dur. Mais ce socle est insuffisant pour la majorité des foyers.
Le capital décès de la Sécurité sociale : 4 009 €
En 2026, le capital décès forfaitaire versé par la CPAM aux ayants droit d'un salarié décédé s'élève à 4 009 €. Ce montant est identique quel que soit le salaire du défunt ou la composition de la famille.
Pour les artisans et commerçants, le capital est de 9 612 €. Pour les professions libérales, il varie selon les caisses : de 8 000 € pour certaines professions à plus de 290 000 € pour les experts-comptables en classe maximale.
Ces montants couvrent à peine quelques mois de charges courantes. Pour un foyer avec un crédit immobilier de 1 200 €/mois et des charges fixes de 2 000 €/mois, le capital décès de la Sécu finance moins de deux mois de survie financière.
Les indemnités journalières : une chute de revenus brutale
En cas d'arrêt de travail, la Sécurité sociale verse des indemnités journalières (IJ) après un délai de carence de 3 jours :
- Du 4e au 90e jour : 50 % du salaire journalier de base, plafonné à environ 52 €/jour net
- À partir du 91e jour (longue maladie) : 66,66 % du salaire de base, plafonné à environ 69 €/jour
Pour un cadre gagnant 4 500 € net/mois (soit 150 €/jour), les IJ de la Sécu ne couvrent que 52 € par jour les 3 premiers mois - une perte de revenus de 65 %.
La pension d'invalidité : 30 à 50 % du salaire
Si l'état de santé se stabilise sans possibilité de reprise normale, la Sécu classe l'assuré en invalidité :
| Catégorie | Définition | Montant |
|---|---|---|
| 1re catégorie | Capable d'exercer une activité réduite | 30 % du salaire annuel moyen |
| 2e catégorie | Incapable d'exercer une profession | 50 % du salaire annuel moyen |
| 3e catégorie | Incapable d'exercer + besoin d'assistance | 50 % + majoration tierce personne |
Le salaire moyen pris en compte est plafonné au plafond annuel de la Sécurité sociale (48 060 € en 2026). La pension maximale d'invalidité 2e catégorie ne dépasse donc pas 2 003 €/mois brut.
La pension de réversion : réservée aux mariés
Le conjoint survivant peut percevoir une pension de réversion :
- 54 % de la retraite de base du défunt (CNAV)
- 60 % de la retraite complémentaire (Agirc-Arrco)
Mais les conditions sont strictes : il faut être marié (le PACS et le concubinage sont exclus), avoir au moins 55 ans, et ne pas dépasser un plafond de ressources personnelles de 25 001,60 €/an en 2026 pour le régime de base.
Un conjoint pacsé ou concubin ne perçoit aucune pension de réversion, quelle que soit la durée de la vie commune.
Les trois piliers de la prévoyance individuelle
La prévoyance individuelle vient combler les lacunes de la protection sociale obligatoire. Elle repose sur trois garanties fondamentales :
- Le capital ou la rente décès : un capital versé aux bénéficiaires désignés en cas de décès de l'assuré, ou une rente (conjoint, éducation).
- La garantie invalidité : un complément de revenus (rente) en cas d'invalidité permanente, partielle ou totale.
- La garantie incapacité (indemnités journalières complémentaires) : un complément de salaire en cas d'arrêt de travail temporaire, maladie ou accident.
Ces trois garanties peuvent être souscrites dans un contrat unique (contrat "prévoyance lourde") ou séparément selon les besoins.
L'assurance décès : protéger financièrement ses proches
L'assurance décès verse un capital ou une rente aux bénéficiaires désignés en cas de décès de l'assuré. C'est la brique la plus importante de la prévoyance pour les familles avec enfants ou un crédit immobilier en cours.
Capital décès : quel montant prévoir ?
Le capital décès doit couvrir au minimum :
- Le solde du crédit immobilier (sauf si couvert par l'assurance emprunteur)
- 3 à 5 années de revenus du défunt pour permettre au conjoint de se réorganiser
- Les frais de scolarité et d'études des enfants jusqu'à leur autonomie financière
Exemple concret : un couple avec deux enfants, un revenu du défunt de 50 000 €/an et un crédit immobilier résiduel de 150 000 € devrait prévoir un capital décès de 300 000 à 400 000 €.
Rente conjoint et rente éducation
En complément ou à la place du capital, certains contrats proposent :
- La rente conjoint : un revenu régulier versé au conjoint survivant, souvent 30 à 50 % du revenu de l'assuré, jusqu'à la retraite ou à vie.
- La rente éducation : un revenu versé pour chaque enfant à charge jusqu'à la fin de ses études (généralement 18, 21 ou 25 ans). Le montant typique varie de 5 000 à 15 000 €/an par enfant.
La rente éducation est particulièrement pertinente pour les familles avec de jeunes enfants. Elle garantit le financement des études indépendamment de la situation financière du conjoint survivant.
Double effet et garantie décès accidentel
La plupart des contrats incluent :
- La garantie double effet : si les deux parents décèdent simultanément, le capital est doublé pour les enfants.
- La majoration décès accidentel : le capital est doublé ou triplé en cas de décès par accident (vs maladie).
Assurance décès vs assurance-vie
Ne confondez pas assurance décès et assurance-vie. L'assurance décès est un contrat à fonds perdus : si l'assuré ne décède pas pendant la durée du contrat, les primes sont perdues. C'est le prix de la protection. L'assurance-vie est un contrat d'épargne qui prévoit un capital au décès, mais aussi un rachat possible du vivant de l'assuré. Pour comprendre les mécanismes de l'assurance-vie en détail, consultez notre guide sur l'assurance-vie, placement préféré des Français.
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Demander un bilan patrimonial gratuitL'invalidité et l'incapacité : maintenir ses revenus
La garantie incapacité temporaire de travail (ITT)
L'ITT verse des indemnités journalières complémentaires à celles de la Sécu en cas d'arrêt de travail. L'objectif est de maintenir 80 à 100 % du revenu net pendant l'arrêt.
Points d'attention :
- La franchise : c'est le délai avant le début du versement. Elle varie de 3 à 90 jours. Plus la franchise est courte, plus la cotisation est élevée.
- La durée d'indemnisation : généralement jusqu'à 1 095 jours (3 ans), date à laquelle l'assuré bascule en invalidité.
- Le mode d'indemnisation : forfaitaire (montant fixe convenu) ou indemnitaire (complément jusqu'à x % du revenu réel). Le mode forfaitaire est préférable pour les TNS dont les revenus fluctuent.
La garantie invalidité permanente
La garantie invalidité prend le relais de l'ITT lorsque l'état de santé est stabilisé. Elle verse une rente mensuelle tant que l'invalidité persiste, souvent jusqu'à la retraite.
Les niveaux d'invalidité sont classés en deux grandes catégories :
- Invalidité permanente partielle (IPP) : taux d'invalidité entre 33 et 66 %. La rente est proportionnelle au taux.
- Invalidité permanente totale (IPT) : taux supérieur ou égal à 66 %. La rente est versée intégralement.
Certains contrats ajoutent une indemnisation dès 15 % d'invalidité, ce qui offre une couverture plus large.
Exemple : impact financier d'un arrêt long
Un cadre de 42 ans gagnant 60 000 €/an brut (4 000 € net/mois) est victime d'un AVC :
| Période | Sans prévoyance | Avec prévoyance |
|---|---|---|
| Mois 1-3 (ITT) | Sécu : 1 560 €/mois | Sécu + IJ complémentaires : 3 600 €/mois |
| Mois 4-36 (ITT longue) | Sécu : 2 070 €/mois | Sécu + IJ complémentaires : 3 600 €/mois |
| Après 3 ans (invalidité 2e cat.) | Pension Sécu : 2 003 €/mois max | Pension Sécu + rente : 3 200 €/mois |
Sans prévoyance, ce cadre perd 50 à 60 % de ses revenus dès le premier mois. Avec un contrat adapté, il maintient 80 à 90 % de son revenu net.
La garantie des accidents de la vie (GAV)
La GAV est un contrat spécifique qui couvre les accidents de la vie quotidienne non pris en charge par les assurances classiques : chute domestique, accident de bricolage, de sport, brûlure, noyade, accident médical.
Ce que couvre la GAV
- Les accidents domestiques (1re cause de décès chez les enfants)
- Les accidents de sport et loisirs
- Les catastrophes naturelles et technologiques
- Les accidents médicaux non fautifs
- Les agressions et attentats
Seuils et plafonds 2026
- Seuil d'intervention : entre 5 % et 30 % d'incapacité permanente selon les contrats. Privilégiez un seuil à 5 % pour une couverture large.
- Plafond d'indemnisation : de 500 000 à 2 000 000 € selon les formules.
- Tarif : 10 à 25 €/mois pour une couverture familiale.
La GAV complète utilement la prévoyance "lourde" (décès/invalidité/incapacité) pour les risques du quotidien souvent oubliés.
Prévoyance des TNS et indépendants : le cadre Madelin
Les travailleurs non salariés (TNS) - artisans, commerçants, professions libérales, gérants majoritaires - sont les plus exposés aux aléas de la vie. Leur protection sociale obligatoire est nettement inférieure à celle des salariés.
Les lacunes spécifiques des TNS
- Pas de maintien de salaire par un employeur en cas d'arrêt
- Délai de carence plus long (souvent 7 jours vs 3 pour les salariés)
- Indemnités journalières inférieures et parfois inexistantes
- Capital décès souvent limité (8 000 à 10 000 € selon les caisses)
L'avantage fiscal Madelin
La loi Madelin permet aux TNS de déduire les cotisations de prévoyance de leur revenu imposable, dans la limite de :
- 3,75 % du revenu professionnel + 7 % du PASS (plafond annuel de la Sécurité sociale)
- Plafond maximum : 11 534 € en 2026 (3 % de 8 fois le PASS)
- Plancher minimum : 3 364 € même avec un revenu faible
Ce plafond est commun avec la mutuelle santé Madelin. La déduction porte uniquement sur l'impôt sur le revenu (pas sur les charges sociales).
Exemple d'économie fiscale
Un TNS au revenu professionnel de 80 000 € (TMI 30 %) cotise 3 000 €/an en prévoyance Madelin :
- Déduction de 3 000 € du revenu imposable
- Économie d'impôt : 3 000 x 30 % = 900 €/an
- Coût réel de la prévoyance : 3 000 - 900 = 2 100 €/an soit 175 €/mois
Pour les TNS en TMI 41 %, l'économie atteint 1 230 €/an, ramenant le coût mensuel à 148 €. C'est un levier fiscal souvent sous-exploité. Pour aller plus loin sur les stratégies de défiscalisation des indépendants, consultez notre article sur le PER et la préparation de la retraite.
Prévoyance collective en entreprise : ce que couvre votre employeur
La plupart des salariés bénéficient d'un contrat de prévoyance collective souscrit par leur employeur. Depuis la convention collective nationale (CCN) de 2015, toutes les entreprises doivent a minima couvrir le risque décès des cadres à hauteur de 1,50 % du salaire tranche A.
Ce que couvre généralement la prévoyance collective
- Capital décès : 100 à 400 % du salaire annuel brut (variable selon les CCN)
- Rente conjoint : 20 à 40 % du salaire
- Rente éducation : 5 à 15 % du salaire par enfant
- ITT : maintien de 80 à 90 % du salaire net, avec relais après les obligations légales de l'employeur
- Invalidité : complément pour atteindre 70 à 85 % du salaire net
Les limites de la prévoyance collective
- La couverture est souvent plafonnée aux tranches A et B du salaire (jusqu'à 4 x PASS = 192 240 € en 2026). Au-delà, pas de couverture.
- Les garanties disparaissent en cas de départ de l'entreprise (portabilité limitée à 12 mois).
- La clause bénéficiaire est souvent standard (conjoint, enfants). Pour une rédaction sur mesure, la prévoyance individuelle est nécessaire. À ce sujet, la rédaction optimale de la clause bénéficiaire est un enjeu patrimonial majeur.
- Les garanties peuvent être insuffisantes pour les hauts revenus ou les situations familiales complexes (famille recomposée, PACS).
Un audit de votre contrat collectif est indispensable pour identifier les lacunes et les compléter par une prévoyance individuelle.
Comment choisir son contrat de prévoyance
Les critères essentiels
- L'adéquation des garanties : capital décès, ITT, invalidité - chaque garantie doit être calibrée sur vos besoins réels.
- Le mode d'indemnisation : forfaitaire (montant fixe) ou indemnitaire (% du revenu). Le forfaitaire est plus sûr pour les TNS.
- Les franchises : 3, 15, 30 ou 90 jours. Une franchise de 30 jours est un bon compromis coût/protection pour les salariés.
- Les exclusions : sports à risque, maladies préexistantes, suicide (généralement exclu la 1re année).
- La revalorisation : les rentes et capitaux doivent être revalorisés chaque année pour suivre l'inflation.
- Le délai de mise en jeu : certains contrats imposent un délai d'attente de 3 à 12 mois pour les maladies (pas pour les accidents).
Les pièges à éviter
- Sous-assurance : un capital décès de 50 000 € quand le besoin réel est de 300 000 €.
- Questionnaire médical bâclé : toute fausse déclaration peut entraîner la nullité du contrat au moment du sinistre.
- Doublons avec l'assurance emprunteur : votre prêt immobilier inclut déjà une assurance décès/invalidité sur le capital restant dû. Inutile de la doubler.
- Oublier la rente éducation : c'est la garantie la plus importante pour les familles avec enfants.
Budget indicatif 2026
| Profil | Garanties | Budget mensuel indicatif |
|---|---|---|
| Salarié 30 ans, célibataire | ITT + invalidité | 30 - 50 €/mois |
| Salarié 40 ans, famille 2 enfants | Décès 300K + ITT + invalidité + rente éducation | 80 - 120 €/mois |
| TNS 45 ans, famille | Décès 400K + ITT + invalidité + Madelin | 120 - 200 €/mois |
| Cadre supérieur 50 ans | Complément au-delà des tranches A/B | 150 - 250 €/mois |
Prévoyance et stratégie patrimoniale globale
La prévoyance n'est pas un sujet isolé. Elle s'intègre dans une stratégie patrimoniale globale qui articule protection, épargne et transmission.
Prévoyance et transmission
Un capital décès de prévoyance est versé hors succession, directement aux bénéficiaires désignés. Combiné à une stratégie de transmission patrimoniale optimisée, il permet de :
- Fournir des liquidités immédiates au conjoint survivant (les successions prennent des mois)
- Payer les droits de succession sans vendre de biens
- Financer les études des enfants indépendamment de la succession
Prévoyance et assurance emprunteur
L'assurance emprunteur couvre le remboursement du crédit immobilier en cas de décès ou d'invalidité. Elle ne protège pas les revenus courants du foyer. Les deux protections sont complémentaires et non substituables.
Prévoyance et épargne de précaution
L'épargne de précaution (3 à 6 mois de charges) couvre les imprévus du quotidien. La prévoyance couvre les risques lourds et durables. L'une ne remplace pas l'autre. Pour calibrer votre épargne de précaution et savoir où placer votre argent en 2026, commencez par sécuriser votre socle de prévoyance.
L'audit prévoyance : la première étape
Un conseiller en gestion de patrimoine indépendant commence toujours par un audit prévoyance. C'est le socle de toute stratégie patrimoniale. Sans prévoyance adaptée, tous les placements du monde ne protégeront pas votre famille en cas de coup dur. Chez ALAIA Patrimoine à Bordeaux, l'audit prévoyance fait partie intégrante du bilan patrimonial gratuit.
Questions fréquentes
La mutuelle santé rembourse les frais médicaux (consultations, hospitalisations, dentaire, optique). La prévoyance protège les revenus et le patrimoine en cas de décès, d'invalidité ou d'incapacité de travail. Ce sont deux protections complémentaires et distinctes.
Non. En 2026, la pension de réversion est réservée aux conjoints mariés. Le PACS et le concubinage n'ouvrent aucun droit à la réversion, quelle que soit la durée de vie commune. C'est précisément pour ces situations que la prévoyance individuelle (capital décès, rente conjoint) est indispensable.
Pour les TNS, oui : les cotisations Madelin sont déductibles du revenu imposable dans la limite de 11 534 € en 2026. Pour les salariés, la part employeur est déductible mais constitue un avantage en nature soumis à l'impôt. La part salariale est déductible dans certaines limites.
Le plus tôt possible. Les cotisations sont moins élevées quand on est jeune et en bonne santé. Un événement médical (diabète, cancer, dépression) peut entraîner des exclusions ou une surprime. Idéalement, souscrivez dès l'entrée dans la vie active ou la naissance du premier enfant.
Rarement. La prévoyance collective couvre les bases, mais elle est souvent insuffisante pour les cadres (plafond aux tranches A/B), disparaît en cas de départ de l'entreprise, et ne permet pas de personnaliser les bénéficiaires. Un audit individuel est recommandé.
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