06 18 90 42 46
Immobilier

LMNP et plus-value : ce que change la réintégration des amortissements en 2026

Mis à jour le 13 juillet 2026
Réponse directe

Depuis le 1er janvier 2025, les amortissements déduits en LMNP au régime réel sont réintégrés dans le calcul de la plus-value lors de la revente du bien. Cette réforme, inscrite dans la loi de finances pour 2025, augmente mécaniquement l'assiette imposable à la cession. Les résidences de services (EHPAD, résidences étudiantes, tourisme) en sont exclues et conservent l'ancien régime.

L'essentiel
  • Depuis le 1er janvier 2025, les amortissements déduits en LMNP régime réel sont réintégrés dans le calcul de la plus-value à la revente.
  • Pour les biens acquis avant 2025, seuls les amortissements déduits à partir du 1er janvier 2025 sont concernés (disposition transitoire).
  • Les résidences de services (EHPAD, résidences étudiantes, tourisme d'affaires, résidences seniors) sont exclues de la réforme.
  • Sur un bien avec 100 000 € d'amortissements réintégrés, le surcoût fiscal peut atteindre 25 000 à 30 000 € selon la durée de détention.
  • Les abattements pour durée de détention (exonération IR après 22 ans, PS après 30 ans) s'appliquent toujours et restent le principal levier d'optimisation.

Le LMNP et la plus-value avant la réforme : le "double avantage" fiscal

Pour comprendre ce qui change, il faut d'abord rappeler pourquoi le LMNP était si attractif fiscalement avant la loi de finances pour 2025.

Comment fonctionnait le régime réel en LMNP ?

Le statut de Loueur Meublé Non Professionnel (LMNP) au régime réel permet de déduire les charges réelles de ses revenus locatifs imposables en BIC. Parmi ces charges figure l'amortissement du bien immobilier (bâti uniquement, hors terrain) et du mobilier.

L'amortissement en LMNP fonctionne ainsi :

  • La valeur du bâti est amortie sur 20 à 40 ans selon les composants (gros œuvre, toiture, agencements, façades...).
  • Le mobilier est amorti sur 5 à 10 ans.
  • Ces dotations aux amortissements réduisent ou annulent le résultat BIC imposable, sans aucune sortie de trésorerie supplémentaire.

Sur un bien acquis 200 000 € (dont 170 000 € de bâti amorti sur 25 ans), l'amortissement annuel est d'environ 6 800 €. Sur 15 ans de détention, cela représente 102 000 € de charges déduites des revenus locatifs.

L'ancien régime de la plus-value : une règle très favorable

Avant la réforme, les amortissements déduits en cours de détention n'avaient aucun impact sur le calcul de la plus-value à la revente. Le calcul restait celui applicable aux particuliers :

Plus-value brute = Prix de cession - Prix d'acquisition initial

Les abattements pour durée de détention s'appliquaient normalement : 6 % par an entre la 6e et la 21e année de détention (IR), puis 4 % la 22e année. Exonération totale d'IR après 22 ans de détention.

Le "double avantage" qui a motivé la réforme

Ce mécanisme créait un avantage cumulatif difficilement défendable :

  • Pendant la détention : les amortissements réduisaient ou annulaient les revenus BIC imposables → économie d'impôt sur les revenus locatifs chaque année.
  • À la revente : la plus-value était calculée sur le prix d'acquisition initial, comme si aucun amortissement n'avait été déduit → aucune "correction" de la base.

Concrètement, un investisseur LMNP pouvait déduire 80 000 € d'amortissements sur 10 ans (économisant 20 000 à 30 000 € d'impôt locatif selon sa tranche), puis vendre son bien avec une plus-value calculée sur le prix d'acquisition brut, sans que ces 80 000 € ne viennent augmenter l'assiette taxable. Ce "double avantage" a été ciblé comme niche fiscale dans le cadre des mesures d'économies de la LF 2025.

La réforme LF 2025 : le mécanisme de réintégration

Principe : la correction du prix d'acquisition

L'article 24 de la loi de finances pour 2025 (loi n°2024-1322 du 14 décembre 2024) modifie le calcul de la plus-value immobilière pour les LMNP au régime réel. Désormais :

Prix d'acquisition corrigé = Prix d'acquisition initial - amortissements déduits réintégrables

Plus-value brute = Prix de cession - Prix d'acquisition corrigé

En diminuant le prix d'acquisition retenu pour le calcul, la plus-value imposable augmente mécaniquement du montant des amortissements réintégrés. C'est le même mécanisme que celui appliqué depuis longtemps aux Loueurs Meublés Professionnels (LMP) et aux SCI à l'IS.

Date d'entrée en vigueur et dispositions transitoires

La réforme s'applique aux cessions réalisées à compter du 1er janvier 2025. Elle comporte une disposition transitoire déterminante :

  • Biens acquis avant le 1er janvier 2025 : seuls les amortissements déduits à compter du 1er janvier 2025 sont réintégrés. Les amortissements antérieurs à cette date restent hors périmètre de la réforme.
  • Biens acquis à partir du 1er janvier 2025 : la totalité des amortissements déduits pendant la période de détention sera réintégrée lors de la cession.

Cette distinction est essentielle pour évaluer l'impact réel sur votre situation. L'effet de la réforme est progressif et cumulatif dans le temps : chaque année post-2025, une annuité supplémentaire d'amortissements entre dans le périmètre réintégrable. Un investisseur qui vendrait en 2026 après avoir acquis en 2015 n'est exposé qu'à 1 an d'amortissements. Le même investisseur qui attend 2035 pour vendre expose 10 ans d'amortissements post-2025.

Qui est concerné ?

La réforme cible les LMNP au régime réel uniquement. Elle ne concerne pas :

  • Les LMNP au micro-BIC (abattement forfaitaire de 50 %, pas d'amortissements comptabilisés)
  • Les LMP (Loueurs Meublés Professionnels), qui relevaient déjà d'un régime de plus-value professionnelle spécifique
  • Les locations nues, qui relèvent des revenus fonciers

Les amortissements visés sont ceux du bâti (composant par composant) ET des meubles (mobilier, équipements, literie...).

À lire aussi : Immobilier locatif à Bordeaux - nos stratégies d'investissement

Votre bien LMNP est-il impacté par la réforme ?

Adrien Puyo modélise l'impact précis de la réintégration des amortissements sur votre situation et identifie les stratégies d'optimisation adaptées à votre cas. Premier rendez-vous gratuit.

Demander un bilan patrimonial gratuit

Les exceptions : résidences de services exclues de la réforme

C'est le point le plus stratégique de la réforme pour les investisseurs : les résidences de services sont expressément exclues du nouveau dispositif. Elles conservent l'ancien régime avec ses deux avantages intacts.

Quelles résidences bénéficient de l'exception ?

Sont exclues de la réintégration des amortissements les locations meublées exercées dans les catégories suivantes :

  • Résidences étudiantes avec services (au sens de l'article L. 631-13 du Code de la construction et de l'habitation)
  • EHPAD (Établissements d'Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes) et résidences pour personnes âgées avec services
  • Résidences de tourisme classées et résidences d'hôtellerie d'affaires
  • Établissements de soins de longue durée

Ces résidences fonctionnent via un bail commercial (bail 9 ans renouvelable) signé avec un exploitant professionnel. L'investisseur est propriétaire d'un lot meublé et confie la gestion à un opérateur en échange d'un loyer garanti.

Pourquoi cette exception ?

Le législateur a voulu préserver l'attractivité de ces investissements qui répondent à des besoins sociaux importants : hébergement des personnes âgées dépendantes, logement étudiant, accueil touristique. La construction de nouvelles résidences EHPAD reste notamment un enjeu de politique publique face au vieillissement démographique.

Pour l'investisseur, l'exception représente une opportunité concrète : les résidences de services restent l'un des rares placements LMNP à conserver le double avantage fiscal historique - amortissements déductibles en cours de détention et plus-value calculée sur le prix d'acquisition non corrigé.

Les rendements bruts observés sur ces actifs : 4 à 5 % pour les EHPAD, 3,5 à 5 % pour les résidences étudiantes selon la localisation et l'opérateur. La solidité financière de l'exploitant reste le premier critère de sélection.

L'impact chiffré : exemples concrets

Exemple 1 - Bien acquis en 2015, revendu en 2026 (11 ans)

Données :

  • Prix d'acquisition 2015 : 250 000 € (dont 210 000 € de bâti amorti sur 30 ans)
  • Amortissement annuel bâti : 7 000 €/an
  • Amortissements 2015-2024 (10 ans, avant réforme) : 70 000 € → non réintégrés
  • Amortissements 2025 (1 an, post-réforme) : 7 000 € → réintégrés
  • Prix de cession 2026 : 320 000 €

Calcul :
Prix d'acquisition corrigé : 250 000 - 7 000 = 243 000 €
PV brute avec réforme : 320 000 - 243 000 = 77 000 €
PV brute sans réforme : 320 000 - 250 000 = 70 000 €
Surcoût d'assiette : +7 000 € seulement (1 an d'amortissements post-2025)

L'impact est ici limité : le bien ayant été acquis avant 2025, la réforme ne "touche" qu'une seule annuité d'amortissements.

Exemple 2 - Bien acquis en 2026, revendu en 2036 (10 ans)

Données :

  • Prix d'acquisition 2026 : 300 000 € (dont 250 000 € de bâti amorti sur 25 ans)
  • Amortissement annuel bâti : 10 000 €/an
  • Amortissements déduits sur 10 ans : 100 000 € → tous réintégrés
  • Prix de cession 2036 : 390 000 €
Élément Sans réforme (hypothétique) Avec réforme
Plus-value brute 90 000 € 190 000 €
Abattement IR (10 ans = 30 %) Base imposable : 63 000 € Base imposable : 133 000 €
Impôt IR (19 %) 11 970 € 25 270 €
Abattement PS (10 ans = 8,25 %) Base imposable : 82 575 € Base imposable : 174 325 €
Prélèvements sociaux (17,2 %) 14 203 € 29 984 €
Surtaxe PV élevées 0 € ~2 490 €
Total impôts 26 173 € 57 744 €
Surcoût réforme - +31 571 €

Abattement IR : 6 % par an dès la 6e année, soit 5 x 6 % = 30 % pour 10 ans. Abattement PS : 1,65 % par an dès la 6e année, soit 5 x 1,65 % = 8,25 %. Surtaxe sur PV nette IR supérieure à 50 000 € selon le barème (2 % à 6 %).

L'abattement pour durée de détention : le principal atténuateur de la réforme

Les abattements pour durée de détention s'appliquent à l'ensemble de la plus-value, y compris la fraction issue des amortissements réintégrés. Plus la détention est longue, plus leur effet amortisseur est puissant.

Durée de détention Abattement IR Abattement PS Exonération
Moins de 6 ans 0 % 0 % Aucune
10 ans 30 % 8,25 % Partielle
15 ans 60 % 16,5 % Partielle
22 ans 100 % 61,6 % Totale IR uniquement
30 ans 100 % 100 % Totale IR + PS

Un bien vendu après 22 ans est entièrement exonéré d'impôt sur le revenu sur la plus-value, même si les amortissements ont gonflé l'assiette. Seuls les prélèvements sociaux restent dus jusqu'à 30 ans. Pour les investisseurs avec un horizon long, la réforme est donc partiellement neutralisée par les abattements.

À lire aussi : Les meilleures SCPI 2026 - une alternative à l'immobilier en direct

Stratégies pour optimiser malgré la réforme LMNP

Allonger la durée de détention vers les seuils d'exonération

C'est la stratégie la plus directe. La réforme ne modifie pas les abattements - elle augmente seulement la base taxable. Si vous envisagez de vendre votre bien LMNP dans 3 ou 5 ans, la question mérite d'être posée : vaut-il mieux attendre pour bénéficier d'abattements plus importants ?

Pour un bien vendu après 22 ans, l'IR est nul quoi qu'il arrive. La réintégration des amortissements ne coûte rien en impôt sur le revenu - seulement quelques prélèvements sociaux supplémentaires jusqu'à 30 ans.

Arbitrer entre micro-BIC et régime réel

Le micro-BIC (abattement forfaitaire de 50 % sur les revenus locatifs bruts) ne génère aucun amortissement à réintégrer puisqu'il n'y a pas de déduction comptable d'amortissements. En contrepartie, l'imposition des revenus locatifs est moins optimisée que sous le régime réel.

Le choix entre les deux régimes doit désormais intégrer le coût fiscal à la revente. Pour certains profils - horizon de vente court, amortissements cumulés élevés, tranche marginale d'imposition modérée - le micro-BIC peut redevenir compétitif sur l'ensemble de la durée de détention. C'est un calcul à faire cas par cas.

Privilégier les résidences de services pour les nouvelles acquisitions

Si vous souhaitez investir en LMNP en conservant l'avantage fiscal intégral, les résidences de services exclues de la réforme s'imposent comme une option prioritaire à étudier :

  • EHPAD et résidences seniors : demande structurelle forte portée par le vieillissement démographique, loyers garantis par bail commercial, rendements bruts de 4 à 5 %.
  • Résidences étudiantes : marché tendu dans les grandes villes universitaires, investissement accessible dès 80 000 à 120 000 €, bail commercial avec gestionnaire.
  • Résidences de tourisme : intéressant dans les zones à fort afflux touristique, mais vigilance particulière sur la solidité et l'historique de l'exploitant.

Envisager la transmission plutôt que la revente

Transmettre un bien immobilier - par donation ou au décès - purge la plus-value latente. Les héritiers ou donataires reçoivent le bien avec une valeur de référence égale à la valeur au jour de la transmission. La plus-value accumulée (y compris la fraction issue des amortissements) est totalement effacée.

Si votre bien LMNP a pris de la valeur et que vous avez cumulé des amortissements significatifs, la transmission - combinée ou non à un démembrement de propriété anticipé - peut s'avérer bien plus avantageuse qu'une vente. C'est une réflexion à intégrer dans votre stratégie patrimoniale globale.

Réévaluer le LMNP face aux alternatives immobilières

La réforme invite à comparer plus rigoureusement le LMNP avec d'autres solutions d'investissement immobilier :

  • Les SCPI : imposition aux revenus fonciers (moins favorable en cours de détention), mais la plus-value n'est pas impactée par des amortissements à réintégrer. Les meilleures SCPI de 2026 offrent des rendements de 6 à 8 % sans gestion directe.
  • La nue-propriété immobilière : pas de revenus locatifs, pas d'IFI, pas de gestion, et la décote à l'achat de 30 à 40 % constitue un avantage structurel à la sortie du démembrement.
  • La SCI à l'IS : les amortissements sont déductibles, mais la cession est soumise à l'impôt sur les sociétés, ce qui nécessite une analyse spécifique selon les objectifs.

Le LMNP en 2026 : un régime toujours pertinent ?

La réforme rééquilibre un avantage fiscal qui était difficile à défendre politiquement, sans pour autant supprimer l'attractivité globale du LMNP.

Ce qui reste inchangé :

  • La déductibilité des amortissements pendant la détention (économie réelle chaque année)
  • L'imputation des déficits BIC sur les revenus BIC de même nature
  • Les abattements pour durée de détention à la revente
  • L'exonération totale après 22 ans (IR) et 30 ans (PS)
  • La récupération de la TVA sur les résidences neuves en résidence de services

Ce qui change vraiment :

  • L'horizon de rentabilité global du LMNP régime réel (à recalculer)
  • La comparaison micro-BIC / régime réel (à réévaluer selon le profil)
  • L'attractivité des résidences classiques vs résidences de services (les secondes deviennent clairement préférables sur le plan fiscal)

En pratique, le LMNP reste pertinent pour les investisseurs avec un horizon long (10 ans minimum, idéalement 20 ans et plus), qui valorisent la déductibilité des charges réelles et acceptent une sortie fiscalement plus coûteuse. Pour les projets avec une revente envisagée à court ou moyen terme, une analyse chiffrée personnalisée est désormais indispensable avant d'investir.

1er janv. 2025
date d'entrée en vigueur de la réforme
22 ans
détention pour exonération totale d'IR sur la plus-value
0 €
impact de la réforme sur les résidences de services

Questions fréquentes sur la réforme LMNP

C'est le mécanisme introduit par la LF 2025 qui diminue le prix d'acquisition retenu pour le calcul de la plus-value du montant des amortissements déduits. Concrètement, plus vous avez déduit d'amortissements pendant la détention, plus la plus-value imposable à la revente sera élevée.

Oui, mais partiellement. Pour les biens acquis avant le 1er janvier 2025, seuls les amortissements déduits à partir du 1er janvier 2025 sont réintégrés. Les amortissements déduits avant cette date ne sont pas concernés par la réforme. La réforme a donc un effet progressif et cumulatif dans le temps.

Non. Les résidences de services (EHPAD, résidences étudiantes, résidences seniors avec services, résidences de tourisme classées) sont expressément exclues du nouveau dispositif. Elles conservent l'ancien régime : les amortissements déduits ne viennent pas gonfler la plus-value à la revente.

Oui, les abattements pour durée de détention s'appliquent normalement à l'ensemble de la plus-value, y compris la fraction issue des amortissements réintégrés. Exonération totale d'IR après 22 ans de détention, exonération totale IR et prélèvements sociaux après 30 ans.

Cela dépend du profil. Le micro-BIC évite la réintégration mais réduit l'optimisation fiscale des revenus locatifs en cours de détention. L'arbitrage doit être calculé sur la durée totale prévue de détention, en intégrant le coût fiscal à la revente et les économies d'impôt annuelles. Un CGP indépendant peut modéliser les deux scénarios.

Faites analyser l'impact de la réforme sur votre LMNP

Adrien Puyo analyse votre situation, modélise le surcoût fiscal à la revente et identifie les stratégies d'optimisation adaptées à votre patrimoine. Premier rendez-vous offert.

Prendre rendez-vous gratuitement
Partager
À lire aussi

Articles similaires