Déficit foncier : comment réduire vos impôts de 10 700 € grâce à la rénovation ?

Propriétaire bailleur calculant les économies d'impôts grâce au déficit foncier sur travaux de rénovation immobilière
Adrien PUYO, gérant de ALAIA Patrimoine, cabinet gestion de patrimoine à Bordeaux
par Adrien Puyo
26 Dec

Vous êtes propriétaire bailleur et vous envisagez des travaux de rénovation ? Excellente nouvelle : le déficit foncier vous permet de déduire vos dépenses de travaux non seulement de vos revenus locatifs, mais également de votre revenu global. Résultat : une économie d'impôt pouvant atteindre 10 700 € par an, voire davantage dans certains cas spécifiques.

   Le déficit foncier permet de déduire jusqu'à 10 700 € par an de votre revenu global (salaires, pensions, BIC...) lorsque vos charges foncières (notamment travaux) dépassent vos loyers perçus. Pour un contribuable à 45% de TMI, cela représente une économie immédiate de 4 815 €. Les travaux déductibles incluent réparations, entretien et améliorations (hors agrandissement). Condition : louer le bien pendant 3 ans minimum après les travaux. Chez ALAIA Patrimoine, cabinet de gestion de patrimoine à Bordeaux, nous accompagnons les investisseurs dans l'optimisation fiscale de leur patrimoine immobilier depuis 2015.  

Le déficit foncier : principe et mécanisme fiscal

Qu'est-ce que le déficit foncier exactement ?

Le déficit foncier est un mécanisme fiscal qui se déclenche lorsque vos charges déductibles (travaux, intérêts d'emprunt, assurances, charges de copropriété...) dépassent vos revenus locatifs sur une année donnée.

Contrairement à d'autres niches fiscales complexes, le déficit foncier repose sur un principe simple : si vous dépensez plus que ce que vous encaissez en loyers, l'État vous permet de déduire cette perte de vos autres revenus.

Exemple de base : Vous percevez 12 000 € de loyers annuels et engagez 25 000 € de travaux de rénovation. Votre déficit foncier est de 13 000 € (25 000 - 12 000).

Ce déficit peut ensuite s'imputer sur votre revenu global (salaires, pensions, revenus de placements...), réduisant ainsi votre base imposable et donc votre impôt.

Point technique important : Les intérêts d'emprunt sont traités différemment. Ils ne peuvent s'imputer que sur les revenus fonciers des 10 années suivantes, pas sur le revenu global. Seules les charges hors intérêts d'emprunt peuvent créer un déficit foncier imputable immédiatement.

Comment fonctionne l'imputation sur le revenu global ?

Le mécanisme d'imputation du déficit foncier suit un ordre précis :

Étape 1 - Calcul du déficit : Vous additionnez toutes vos charges déductibles (hors intérêts d'emprunt) et vous soustrayez vos revenus locatifs.

Étape 2 - Imputation sur le revenu global : Le déficit constaté vient directement en déduction de votre revenu global, dans la limite de 10 700 € par an (plafond standard).

Étape 3 - Report du surplus : Si votre déficit dépasse 10 700 €, l'excédent est reportable sur vos revenus fonciers des 10 années suivantes.

Exemple détaillé : Monsieur Durand, cadre supérieur, perçoit 80 000 € de salaires et 15 000 € de loyers. Il engage 30 000 € de travaux (hors intérêts d'emprunt).

  • Déficit foncier : 30 000 - 15 000 = 15 000 €
  • Imputation sur revenu global : 10 700 € (plafond)
  • Report sur 10 ans : 4 300 € (15 000 - 10 700)
  • Nouveau revenu imposable : 80 000 - 10 700 = 69 300 €
  • Économie d'impôt (TMI 41%) : 10 700 × 41% = 4 387 €

Les 4 300 € restants viendront s'imputer sur ses revenus fonciers futurs, réduisant encore son imposition sur plusieurs années.

Les plafonds à respecter : 10 700 € et 21 400 €

Le déficit foncier obéit à deux plafonds distincts qu'il est crucial de maîtriser :

Plafond standard : 10 700 €

C'est le montant maximum que vous pouvez déduire de votre revenu global chaque année. Ce plafond s'applique à la quasi-totalité des situations immobilières classiques.

Ce plafond de 10 700 € reste stable depuis plusieurs années et n'est pas indexé sur l'inflation, contrairement à certains autres dispositifs fiscaux.

Plafond spécial : 21 400 € (Monuments Historiques)

Si vous investissez dans un bien classé Monument Historique ou inscrit à l'inventaire supplémentaire, vous bénéficiez d'un plafond doublé à 21 400 € par an. Cette niche fiscale très avantageuse s'adresse aux patrimoines importants et nécessite un investissement conséquent (généralement > 500 000 €).

Tableau comparatif des plafonds :

Type de bienPlafond annuelÉconomie max (TMI 45%)
Bien classique10 700 €4 815 €
Monument historique21 400 €9 630 €
Au-delà du plafondReport 10 ansDéductible plus tard

Stratégie d'optimisation : Si vos travaux dépassent largement 10 700 €, envisagez de les étaler sur deux années fiscales pour maximiser l'imputation sur le revenu global, plutôt que de reporter massivement sur 10 ans.

Quels travaux sont déductibles de vos revenus fonciers ?

Les travaux de réparation et d'entretien (toujours déductibles)

Les travaux de réparation et d'entretien constituent la première catégorie de dépenses déductibles. Ils visent à maintenir le bien en bon état sans en modifier la structure ou l'agencement.

Définition fiscale : Ce sont les travaux qui ont pour objet de maintenir ou de remettre un immeuble en bon état et d'en permettre un usage normal sans en modifier la consistance, l'agencement ou l'équipement initial.

Exemples concrets de travaux déductibles :

  • Réfection de la toiture (tuiles, ardoises, étanchéité)
  • Remplacement de la chaudière défectueuse
  • Réparation ou remplacement des fenêtres existantes
  • Rénovation électrique aux normes
  • Réfection de la plomberie
  • Ravalement de façade
  • Traitement de l'humidité ou des termites
  • Réparation du système de chauffage

Point d'attention : Le remplacement doit concerner un équipement existant par un équipement équivalent. Si vous améliorez significativement (passage d'un simple vitrage à du double vitrage, par exemple), cela bascule dans la catégorie "amélioration" (qui reste déductible, mais la qualification change).

Les travaux d'amélioration : la liste exhaustive

Les travaux d'amélioration vont au-delà du simple entretien. Ils apportent un élément de confort nouveau ou améliorent sensiblement les conditions d'habitation, sans toutefois modifier la structure du bien.

Définition fiscale : Ce sont les travaux qui ont pour objet d'apporter à un immeuble un équipement ou un élément de confort nouveau ou mieux adapté aux conditions modernes de vie, sans modifier la structure de l'immeuble.

Liste exhaustive des travaux d'amélioration déductibles :

1. Équipements sanitaires et confort

  • Installation d'une salle de bains complète (si inexistante)
  • Ajout de WC (création ou remplacement par des WC modernes)
  • Installation d'un système de VMC (ventilation)
  • Pose d'une cuisine équipée (premier équipement)

2. Chauffage et isolation

  • Installation du chauffage central (si inexistant)
  • Isolation thermique renforcée (murs, combles, planchers)
  • Remplacement simple vitrage par double ou triple vitrage
  • Installation d'un système de climatisation

3. Électricité et communication

  • Mise aux normes complète de l'installation électrique
  • Installation de volets roulants électriques
  • Câblage informatique et téléphonique moderne

4. Sécurité

  • Installation d'un système d'alarme
  • Pose de portes blindées
  • Installation d'un digicode ou interphone

Exemple de rénovation complète : Madame Blanc achète un appartement bordelais des années 1970 nécessitant une rénovation totale. Travaux engagés :

  • Réfection électrique complète : 8 000 € (amélioration)
  • Remplacement fenêtres simple vitrage par double vitrage : 12 000 € (amélioration)
  • Rénovation salle de bains : 15 000 € (amélioration)
  • Ravalement intérieur : 7 000 € (réparation)

Total déductible : 42 000 € (100% des montants)

Les travaux interdits : construction, agrandissement, reconstruction

Attention : tous les travaux ne sont pas déductibles. Le fisc exclut explicitement trois catégories qui modifient la structure même du bien.

1. Les travaux de construction

Toute création de surface nouvelle est exclue. Cela inclut :

  • Construction d'une extension ou d'une annexe
  • Surélévation d'un étage
  • Création d'une dépendance (garage, abri de jardin...)

2. Les travaux d'agrandissement

Même sans créer de nouvelle construction, agrandir la surface existante n'est pas déductible :

  • Aménagement de combles (si cela crée une surface habitable nouvelle)
  • Fermeture d'une terrasse ou d'un balcon pour créer une pièce
  • Transformation d'un garage en pièce à vivre

3. Les travaux de reconstruction

Si vous démolissez pour reconstruire, vous sortez du cadre du déficit foncier :

  • Démolition totale et reconstruction
  • Remplacement de murs porteurs modifiant la structure
  • Reprise en sous-œuvre importante

Cas limite : l'aménagement de combles

C'est la question la plus fréquente. La réponse dépend de la situation initiale :

  • Combles déjà aménagés : Tous les travaux de rénovation sont déductibles (isolation, fenêtres de toit, électricité...)
  • Combles non aménagés transformés en surface habitable : Non déductible car considéré comme agrandissement

Astuce : En cas de doute sur la qualification d'un travail, sollicitez un rescrit fiscal auprès de l'administration pour sécuriser votre position.

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Les 4 stratégies pour maximiser votre déficit foncier

Stratégie 1 : Concentrer les gros travaux sur une année fiscale

La première stratégie d'optimisation consiste à concentrer vos travaux sur une seule année fiscale plutôt que de les étaler sur plusieurs années. Cette approche maximise l'effet du déficit foncier sur votre revenu global.

Principe : En cumulant plusieurs chantiers sur la même année, vous créez un déficit foncier important qui vient massivement réduire votre revenu imposable.

Pourquoi c'est efficace :

  • Vous profitez immédiatement de l'imputation sur le revenu global (jusqu'à 10 700 €)
  • Vous bénéficiez d'une réduction d'impôt l'année où votre TMI est peut-être la plus élevée
  • L'excédent est reportable sur 10 ans, créant un "coussin fiscal" pour l'avenir

Exemple concret : Monsieur Lambert possède trois appartements loués. Il prévoit des travaux dans chacun d'eux. Deux scénarios :

Scénario A (travaux étalés) :

  • Année 1 : 8 000 € de travaux → déficit 5 000 € (si loyers = 3 000 €)
  • Année 2 : 9 000 € de travaux → déficit 6 000 €
  • Année 3 : 7 000 € de travaux → déficit 4 000 €
  • Total économie TMI 41% : (5 000 + 6 000 + 4 000) × 41% = 6 150 €

Scénario B (travaux concentrés année 1) :

  • Année 1 : 24 000 € de travaux → déficit 21 000 €
  • Imputation revenu global : 10 700 × 41% = 4 387 €
  • Report sur 10 ans des 10 300 € restants : économie différée de 4 223 €
  • Total économie identique mais cash immédiat plus important

Bonus de la concentration : Vous négociez souvent de meilleurs tarifs avec les artisans en leur confiant plusieurs chantiers simultanés.

Stratégie 2 : Combiner déficit foncier et dispositif Denormandie

Le dispositif Denormandie permet de cumuler déficit foncier et réduction d'impôt. C'est l'une des rares combinaisons autorisées par le fisc.

Principe du Denormandie : Vous achetez un bien ancien à rénover dans l'une des 245 villes éligibles, vous réalisez au moins 25% de travaux par rapport au prix d'achat, et vous bénéficiez d'une réduction d'impôt (12%, 18% ou 21% selon la durée de location).

Double avantage fiscal :

  1. Déficit foncier sur les travaux qui dépassent vos loyers
  2. Réduction d'impôt Denormandie calculée sur le prix total (achat + travaux)

Exemple chiffré : Madame Petit achète un appartement à Bordeaux (ville éligible) pour 150 000 € et engage 60 000 € de travaux (40% du prix d'achat).

Avantage 1 - Déficit foncier :

  • Loyers année 1 : 9 000 €
  • Travaux : 60 000 €
  • Déficit : 51 000 €
  • Imputation revenu global : 10 700 € × 45% (TMI) = 4 815 € (année 1)
  • Report : 40 300 € sur 10 ans

Avantage 2 - Réduction Denormandie :

  • Base de calcul : 210 000 € (150 000 + 60 000)
  • Taux : 18% (engagement 9 ans)
  • Réduction totale : 37 800 €
  • Réduction annuelle : 4 200 € pendant 9 ans

Économie totale sur 9 ans : Plus de 52 000 € d'impôt évité, tout en constituant un patrimoine immobilier de 210 000 €.

Stratégie 3 : Acheter un bien nécessitant une rénovation lourde

Plutôt que de chercher un bien "clé en main", orientez-vous vers un bien nécessitant une rénovation importante. Cette stratégie est particulièrement rentable pour les contribuables fortement imposés.

Profil de bien idéal :

  • Prix d'achat décôté de 20% à 40% par rapport au marché
  • Travaux estimés entre 40 000 € et 100 000 €
  • Quartier en devenir ou centre-ville sous-évalué
  • Structure saine (murs, fondations) mais second œuvre vétuste

Avantages multiples :

  1. Prix d'achat réduit : Vous achetez moins cher qu'un bien rénové
  2. Déficit foncier massif : Vous créez plusieurs années d'avantage fiscal
  3. Création de valeur : Après rénovation, le bien vaut souvent achat + travaux + 20%
  4. Loyers optimisés : Un bien rénové se loue plus cher et plus vite

Exemple Bordeaux : Monsieur Rousseau achète un T3 (65 m²) rue Sainte-Catherine à Bordeaux pour 180 000 € (décôte de 30% car très vétuste). Travaux engagés : 70 000 €.

Situation avant travaux :

  • Valeur marché : 250 000 € (bien rénové)
  • Prix payé : 180 000 € + 70 000 € = 250 000 €

Avantage fiscal :

  • Déficit foncier année 1 : 70 000 € (si pas de loyers pendant travaux)
  • Imputation : 10 700 × 45% = 4 815 €
  • Report sur 10 ans : 59 300 €

Situation après travaux :

  • Valeur marché post-rénovation : 280 000 € (le quartier s'est valorisé, rénovation haut de gamme)
  • Plus-value latente : 30 000 €
  • Loyer mensuel : 1 100 € (vs 800 € avant, soit +37%)

Stratégie 4 : Profiter du dispositif Monuments Historiques pour aller au-delà

Pour les patrimoines importants, le dispositif Monuments Historiques offre des avantages fiscaux démultipliés par rapport au déficit foncier classique.

Spécificités du régime MH :

  • Plafond de déficit foncier : 21 400 € par an (vs 10 700 €)
  • Déduction 100% des travaux sans limite de montant
  • Pas d'engagement de location (mais recommandé pour optimiser)
  • Possibilité de déduire même en cas de réserve d'usufruit

Conditions d'accès :

  • Bien classé Monument Historique ou inscrit à l'inventaire supplémentaire
  • Travaux validés par l'Architecte des Bâtiments de France
  • Budget total généralement > 500 000 € (investissement + travaux)

Exemple de stratégie MH : Monsieur Fabre, chirurgien (revenu imposable 250 000 €), achète un hôtel particulier classé à Périgueux pour 400 000 €. Travaux de restauration : 300 000 € étalés sur 3 ans.

Optimisation fiscale sur 3 ans :

AnnéeTravauxDéficitÉconomie (TMI 45%)
An 1100 000 €21 400 €9 630 €
An 2120 000 €21 400 €9 630 €
An 380 000 €21 400 €9 630 €
TOTAL300 000 €64 200 €28 890 €

Les 235 800 € de travaux non imputés sur le revenu global restent déductibles des revenus fonciers sur 10 ans (soit environ 23 580 € par an de réduction supplémentaire).

Économie fiscale totale estimée : Plus de 130 000 € sur 10 ans.

Cas pratiques : simulations chiffrées de déficit foncier

Cas 1 : Rénovation complète d'un appartement bordelais

Profil : Madame Giraud, cadre dirigeante, TMI 41%, revenu net imposable 85 000 €. Elle possède un T2 à Bordeaux (Chartrons) qu'elle loue 800 €/mois (9 600 €/an). L'appartement nécessite une rénovation complète.

Travaux engagés :

  • Électricité : 6 000 €
  • Plomberie : 5 000 €
  • Remplacement fenêtres : 8 000 €
  • Salle de bains : 12 000 €
  • Cuisine : 9 000 €
  • Peintures et sols : 5 000 €
  • Total travaux : 45 000 €

Charges déductibles complémentaires :

  • Taxe foncière : 1 200 €
  • Assurance PNO : 250 €
  • Charges de copropriété : 1 100 €
  • Honoraires gestion : 960 € (10% des loyers)
  • Total charges : 3 510 €

Calcul du déficit foncier :

  • Revenus fonciers : 9 600 €
  • Charges hors travaux : 3 510 €
  • Travaux déductibles : 45 000 €
  • Déficit total : 38 910 € (45 000 + 3 510 - 9 600)

Impact fiscal année 1 :

  • Imputation revenu global : 10 700 € × 41% = 4 387 € d'économie immédiate
  • Report sur revenus fonciers : 28 210 € (38 910 - 10 700)

Impact fiscal années suivantes :Ses revenus fonciers futurs (environ 6 000 € nets après charges hors travaux) seront neutralisés pendant environ 5 ans grâce au report du déficit.

Économie totale sur 5 ans : Environ 14 000 € d'impôt évité.

Bonus : Après rénovation, elle peut augmenter le loyer à 950 €/mois (+150 €), améliorant sa rentabilité locative.

Cas 2 : Investisseur avec plusieurs biens en travaux

Profil : Monsieur Thomas, entrepreneur, TMI 45%, revenu imposable 180 000 €. Il possède 4 appartements en location (revenus fonciers totaux : 32 000 €/an). Il décide de rénover 2 biens la même année pour maximiser son déficit foncier.

Bien 1 (Bordeaux Bastide) :

  • Loyer annuel : 8 400 €
  • Travaux : 28 000 €

Bien 2 (Mérignac) :

  • Loyer annuel : 7 200 €
  • Travaux : 22 000 €

Biens 3 et 4 (pas de travaux) :

  • Loyers cumulés : 16 400 €
  • Charges standards : 4 200 €

Calcul global :

  • Revenus fonciers totaux : 32 000 €
  • Travaux : 50 000 €
  • Autres charges : 6 500 €
  • Déficit foncier : 24 500 € (50 000 + 6 500 - 32 000)

Optimisation fiscale :

  • Imputation revenu global : 10 700 € × 45% = 4 815 € année 1
  • Report : 13 800 € (24 500 - 10 700) sur revenus fonciers futurs

Ses revenus fonciers nets (environ 21 500 € après charges courantes) seront neutralisés fiscalement pendant presque 1 an supplémentaire.

Stratégie pluriannuelle : L'année suivante, il rénove les biens 3 et 4, créant un nouveau déficit foncier et prolongeant son optimisation fiscale.

Économie totale sur 3 ans : Environ 18 000 € d'impôt évité, tout en valorisant son patrimoine immobilier de +150 000 € (post-rénovation).

Cas 3 : Déficit foncier sur monument historique

Profil : Monsieur et Madame Dubois, professions libérales, revenu imposable commun 320 000 €, TMI 45%. Ils investissent dans un immeuble XVIIIe classé Monument Historique à Sarlat-la-Canéda.

Investissement :

  • Prix d'achat : 550 000 €
  • Travaux de restauration (3 ans) : 450 000 €
  • Projet total : 1 000 000 €

Répartition des travaux :

  • Année 1 : 180 000 € (toiture, charpente, façades)
  • Année 2 : 150 000 € (menuiseries, électricité)
  • Année 3 : 120 000 € (second œuvre, finitions)

Stratégie de location : Division en 4 appartements loués meublés (classement 3 étoiles) pour optimiser les revenus.

Revenus locatifs prévisionnels :

  • Année 1 : 0 € (travaux en cours)
  • Année 2 : 15 000 € (2 appartements disponibles)
  • Année 3 : 35 000 € (4 appartements en location)

Calcul des déficits fonciers :

Année 1 :

  • Travaux : 180 000 €
  • Charges : 8 000 € (assurance, taxe foncière, intérêts)
  • Revenus : 0 €
  • Déficit : 188 000 €
  • Imputation revenu global : 21 400 €
  • Report : 166 600 €
  • Économie immédiate : 9 630 €

Année 2 :

  • Travaux : 150 000 €
  • Charges : 9 000 €
  • Revenus : 15 000 €
  • Déficit : 144 000 €
  • Imputation revenu global : 21 400 €
  • Report cumulé : 289 200 €
  • Économie immédiate : 9 630 €

Année 3 :

  • Travaux : 120 000 €
  • Charges : 12 000 €
  • Revenus : 35 000 €
  • Déficit : 97 000 €
  • Imputation revenu global : 21 400 €
  • Report cumulé : 364 800 €
  • Économie immédiate : 9 630 €

Bilan fiscal sur 10 ans :

  • Économie immédiate (3 ans) : 28 890 €
  • Économie sur report (7 ans suivants, revenus nets ~25 000 €/an) : Environ 78 000 €
  • Économie totale : 106 890 €

Plus-value latente : L'immeuble restauré vaut environ 1 200 000 € après travaux (gain de 200 000 €).

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Les conditions et pièges à éviter absolument

L'engagement de location de 3 ans : non négociable

La condition la plus importante du déficit foncier est l'engagement de location de 3 ans minimum. Cette règle est stricte et son non-respect entraîne la reprise totale de l'avantage fiscal.

La règle précise : Vous devez louer le bien jusqu'au 31 décembre de la troisième année suivant l'imputation du déficit sur votre revenu global.

Exemple : Vous imputez un déficit foncier en 2025 (déclaration revenus 2024). Vous devez louer le bien au minimum jusqu'au 31 décembre 2027.

Cas de rupture de l'engagement :

1. Vente du bien avant 3 ans : Remise en cause totale. Vous devrez rembourser l'économie d'impôt réalisée, majorée des intérêts de retard.

2. Transformation en résidence principale : Idem, considéré comme une rupture d'engagement.

3. Cessation de location (bien vacant) : Si vous ne parvenez pas à relouer pendant plusieurs mois, l'administration peut considérer que vous avez rompu votre engagement. Conservez toutes les preuves de recherche active de locataire (annonces, mandats agences...).

Exceptions tolérées :

  • Décès du propriétaire : L'engagement n'est pas remis en cause
  • Invalidité de 2e ou 3e catégorie : Rupture justifiée
  • Licenciement économique : Sous conditions de preuves
  • Mutation professionnelle : Uniquement si éloignement significatif du logement

Conseil pratique : Pour sécuriser votre situation, privilégiez les baux de 3 ans minimum (ou 1 an renouvelable pour le meublé) et relancez activement la recherche de locataire dès qu'un départ est prévu.

Les erreurs de catégorisation des travaux

La catégorisation incorrecte des travaux est l'erreur la plus fréquente lors d'un contrôle fiscal. Les enjeux sont importants car une requalification peut transformer un déficit foncier en simple charge déductible des revenus fonciers.

Erreur 1 : Confondre amélioration et construction

Beaucoup de propriétaires déduisent à tort des travaux d'agrandissement en les qualifiant d'amélioration.

Exemple d'erreur : Vous aménagez des combles non habitables en créant une chambre supplémentaire. Vous déclarez ces travaux en "amélioration". Erreur : il s'agit d'un agrandissement (création de surface), non déductible.

Comment éviter l'erreur : Avant travaux, faites réaliser un diagnostic par un architecte ou un géomètre-expert attestant de la nature des surfaces (habitable/non habitable). Ce document vous protégera en cas de contrôle.

Erreur 2 : Mélanger travaux locatif et résidence principale

Si vous possédez un immeuble dont une partie est louée et une autre occupée en résidence principale, vous ne pouvez déduire que les travaux afférents à la partie locative.

Exemple : Vous refaites la toiture complète d'un immeuble dont vous occupez le rez-de-chaussée et louez les deux étages. Seuls 66% des travaux de toiture sont déductibles (proportion de la surface louée).

Erreur 3 : Déduire les travaux avant mise en location effective

Les travaux engagés avant la première mise en location ne sont pas déductibles au titre du déficit foncier. Ils constituent un élément du prix de revient.

Calendrier correct :

  1. Achat du bien
  2. Mise en location (même symbolique avec un loyer modeste)
  3. Réalisation des travaux de rénovation
  4. Déduction fiscale possible

Checklist de sécurisation :

DocumentPourquoiConservation
Factures détailléesNature des travaux6 ans minimum
Bail de locationPreuve location3 ans post-déficit
Quittances loyersRevenus déclarés6 ans
Photos avant/aprèsNature rénovation6 ans

La confusion entre charges déductibles et déficit foncier

Beaucoup de propriétaires confondent charges déductibles et déficit foncier. Ces deux mécanismes sont liés mais distincts.

Les charges déductibles : Ce sont toutes les dépenses que vous pouvez retrancher de vos revenus fonciers pour calculer votre bénéfice imposable. Elles incluent :

  • Travaux (réparation, entretien, amélioration)
  • Intérêts d'emprunt
  • Taxe foncière
  • Assurances
  • Charges de copropriété
  • Frais de gestion

Le déficit foncier : C'est le résultat négatif qui apparaît lorsque vos charges déductibles (hors intérêts d'emprunt) dépassent vos revenus fonciers. Ce déficit peut alors s'imputer sur votre revenu global.

Exemple de confusion : Monsieur Blanc perçoit 10 000 € de loyers. Il a 3 000 € de charges courantes et 5 000 € d'intérêts d'emprunt. Il pense avoir un déficit foncier de 8 000 € - 10 000 € = -2 000 €.

Erreur : Les intérêts d'emprunt ne créent pas de déficit foncier imputable sur le revenu global. Son calcul correct :

  • Charges créant déficit : 3 000 €
  • Revenus : 10 000 €
  • Résultat : +7 000 € (pas de déficit foncier)
  • Intérêts d'emprunt : -5 000 €
  • Résultat foncier final : +2 000 € imposable

Règle à retenir : Seules les charges hors intérêts d'emprunt peuvent créer un déficit foncier imputable sur le revenu global. Les intérêts d'emprunt ne sont imputables que sur les revenus fonciers.

Déficit foncier vs autres dispositifs : que choisir ?

Comparatif avec le régime LMNP et l'amortissement

Le déficit foncier n'est pas le seul mécanisme d'optimisation fiscale dans l'immobilier locatif. Le régime LMNP (Loueur Meublé Non Professionnel) offre une alternative intéressante via l'amortissement.

Principe du LMNP : En louant meublé, vous relevez des BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux) et pouvez amortir le bien et les meubles sur leur durée de vie. Cet amortissement vient en déduction de vos revenus locatifs, créant potentiellement un déficit BIC.

Différence majeure : Le déficit BIC (LMNP) ne s'impute jamais sur le revenu global. Il est uniquement reportable sur les BIC futurs pendant 10 ans. À l'inverse, le déficit foncier (location nue) s'impute immédiatement sur le revenu global.

Tableau comparatif :

CritèreDéficit foncier (nu)LMNP (meublé)
Imputation revenu globalOui (10 700 €/an)Non
Durée optimisation1-3 ans (travaux)15-20 ans (amortissement)
GestionSimpleComptable obligatoire
LoyerStandard+10% à +30%
Plus-value reventeRégime particulierRégime professionnel

Simulation comparative : Appartement 150 000 €, loué 800 €/mois (nu) ou 950 €/mois (meublé).

Option 1 - Déficit foncier :

  • Travaux année 1 : 40 000 €
  • Déficit foncier : 30 400 € (40 000 - 9 600)
  • Économie immédiate (TMI 41%) : 4 387 € (sur 10 700 €)
  • Report 10 ans : 19 700 €

Option 2 - LMNP :

  • Amortissement annuel : 7 500 € (durée 20 ans)
  • Revenus locatifs : 11 400 €
  • Charges : 2 500 €
  • Résultat avant amortissement : 8 900 €
  • Après amortissement : 1 400 € imposable
  • Économie fiscale annuelle (sur 20 ans) : environ 3 075 € par an

Conclusion comparative : Le déficit foncier est plus avantageux à court terme pour les gros travaux ponctuels. Le LMNP est préférable pour une optimisation fiscale durable sans travaux importants.

Quand privilégier le déficit foncier ?

Le déficit foncier n'est pas toujours la meilleure solution. Voici les situations où il est particulièrement pertinent :

Profil 1 - Contribuable fortement imposé avec travaux lourds

Vous êtes dans les tranches TMI 41% ou 45%, et vous prévoyez des travaux importants (> 30 000 €). Le déficit foncier vous permet une réduction d'impôt immédiate et significative.

Exemple type : Cadre dirigeant, 120 000 € de revenus, achat d'un bien à rénover pour 200 000 € avec 60 000 € de travaux. Économie immédiate : 4 815 € dès la première année.

Profil 2 - Investisseur multi-biens concentrant les travaux

Vous possédez plusieurs biens locatifs et vous pouvez planifier vos travaux pour créer un déficit foncier significatif une année donnée.

Stratégie : Regrouper les rénovations de 2-3 biens sur une même année fiscale pour maximiser l'imputation sur le revenu global.

Profil 3 - Préparation à la revente

Vous envisagez de revendre un bien dans 5-7 ans. Réaliser des travaux via déficit foncier vous permet de :

  • Valoriser le bien (travaux de rénovation)
  • Réduire votre impôt immédiatement
  • Améliorer votre plus-value nette à la revente

Quand ne PAS choisir le déficit foncier :

Pas de travaux prévus : Sans travaux conséquents, impossible de créer un déficit significatif. Privilégiez le LMNP.

TMI faible (11% ou moins) : L'économie d'impôt sera marginale. Le LMNP avec amortissement sera plus avantageux sur le long terme.

Besoin de cash-flow immédiat : La location meublée (LMNP) génère 10-30% de loyers supplémentaires, améliorant votre trésorerie.

Projet de revente rapide (< 3 ans) : L'engagement de location de 3 ans vous bloque. Si vous vendez avant, reprise fiscale totale.

Checklist de décision :

QuestionOui → DéficitNon → LMNP
TMI ≥ 30% ?Si besoin revenus
Travaux > 20 000 € ?Optimiser autrement
Location 3 ans OK ?Attention reprise
Gestion simple voulue ?Comptable requis

Conclusion

Le déficit foncier reste l'un des leviers fiscaux les plus puissants pour les propriétaires bailleurs engageant des travaux de rénovation. Avec un plafond d'imputation de 10 700 € par an sur le revenu global, il permet une économie d'impôt immédiate pouvant atteindre 4 815 € pour un contribuable à 45% de TMI.

Les quatre stratégies présentées – concentration des travaux, combinaison avec le dispositif Denormandie, achat de biens à rénover, et investissement en Monument Historique – offrent des solutions adaptées à chaque profil d'investisseur.

L'essentiel est de respecter les conditions strictes (engagement de location de 3 ans, distinction des travaux déductibles) et de bien documenter vos dépenses pour sécuriser votre situation en cas de contrôle.

Chez ALAIA Patrimoine, cabinet de gestion de patrimoine à Bordeaux, nous accompagnons les investisseurs dans l'optimisation fiscale de leur patrimoine immobilier depuis 2015. Chaque situation est unique et mérite une analyse personnalisée tenant compte de votre TMI, de vos objectifs patrimoniaux, et de votre stratégie à long terme.

N'oubliez jamais : l'optimisation fiscale ne doit pas être le seul critère de décision. L'emplacement du bien, sa rentabilité locative intrinsèque, et votre capacité à gérer les travaux restent des facteurs déterminants pour la réussite de votre investissement immobilier.

 Adrien Puyo - ALAIA Patrimoine
 
Adrien Puyo
 
Fondateur – ALAIA Patrimoine
 
   Accompagnement patrimonial sur-mesure partout en France, spécialisation Sud-Ouest depuis 2015.  
                       LinkedIn  
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Je recommande à 100 % les conseils et services d'Adrien. Il a su s'adapter à nous et nous trouver la meilleure solution d'investissement. C'est quelqu'un de très professionnel et disponible.
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Je travaille depuis 2 ans avec Adrien, et tout s'est toujours bien déroulé. Il est facile d'aborder les différents sujets, trouver la meilleure solution selon les besoins du moment. J'ai été (et je le suis toujours) accompagné avec succès sur différents produits immobilier, retraite, prévoyance, placements, défiscalisation ...
Jérôme C.
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Décembre 2024
Une société qui à répondu à mes attentes. J'ai échangé avec Adrien qui à trouvé des solutions de placements et d'investissements en fonction de mon patrimoine. Les rendez-vous ont toujours été bien préparés en amonts, disponibles et à l'écoute.
Joris P.
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Super travail de l'équipe et plus particulièrement à Adrien qui m’accompagne et reste très pédagogue.
Sébastien M.
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Octobre 2024
Très bien conseillée, il est à l’écoute et trouve des solutions adaptées à nos demandes. Disponible et répond rapidement à nos questions.
Claudine M.
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