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Investissement Alternatif

GFI et GFF : investir en forêt pour défiscaliser et diversifier son patrimoine

Mis à jour le 15 décembre 2025
L'essentiel

Les Groupements Fonciers d'Investissement (GFI) et Groupements Fonciers Forestiers (GFF) permettent d'investir indirectement dans des massifs forestiers avec des avantages fiscaux puissants : 18 % de réduction d'impôt sur le revenu, 75 % d'exonération d'IFI et 75 % d'abattement sur les droits de succession. Rendement modeste (1 à 3 %), faible liquidité, horizon long terme : ce placement s'adresse aux investisseurs souhaitant diversifier leur patrimoine avec une classe d'actifs décorrélée des marchés financiers.

Qu'est-ce qu'un GFI et un GFF ? Définitions et différences

Le Groupement Foncier Forestier (GFF) : origines et structure

Le Groupement Foncier Forestier est une société civile créée par la loi du 3 janvier 1972 dans le but de regrouper des propriétaires forestiers et de faciliter la gestion durable de massifs boisés. Il peut réunir des membres d'une même famille, des associés proches ou, de plus en plus, des investisseurs tiers attirés par ses avantages fiscaux.

Le GFF acquiert des forêts, les fait gérer par un professionnel (exploitant forestier ou gestionnaire agréé) et distribue les revenus tirés de l'exploitation du bois entre les associés au prorata de leurs parts. Sa gouvernance suit les règles classiques des sociétés civiles. La gestion durable des forêts est une condition sine qua non pour bénéficier des avantages fiscaux prévus par la loi Dewailly.

Le GFF familial reste une structure appréciée pour transmettre son patrimoine forestier sur plusieurs générations tout en maintenant une gestion cohérente du massif.

Le Groupement Foncier d'Investissement (GFI) : une version grand public

Le GFI est une forme de GFF commercialisée auprès du grand public par des sociétés de gestion agréées par l'AMF (Autorité des marchés financiers). Sa création répond à une volonté de démocratiser l'investissement forestier, jusque-là réservé à des propriétaires disposant d'un capital important pour acheter des parcelles en direct.

Grâce au GFI, un investisseur peut entrer avec quelques milliers d'euros dans un portefeuille forestier diversifié géographiquement et par essences. La société de gestion assure l'ensemble des démarches : acquisition, gestion sylvicole, exploitation, assurance, cessions éventuelles. Les revenus distribués proviennent principalement des ventes de bois, auxquelles peuvent s'ajouter des revenus de chasse ou de location de droits.

Le GFI s'inscrit naturellement dans une stratégie de diversification de l'épargne, au même titre que les SCPI dans l'immobilier ou les produits structurés en finance.

Les différences pratiques entre GFI et GFF

La distinction principale tient à la commercialisation et au contrôle. Un GFF peut être constitué librement entre particuliers sans agrément AMF, tandis qu'un GFI destiné à la collecte publique doit être géré par une société de gestion de portefeuille agréée. En matière fiscale, les deux structures bénéficient des mêmes régimes d'exonération, sous réserve de respecter les conditions de gestion durable.

Le GFI offre en général une plus grande diversification (plusieurs massifs répartis dans plusieurs régions), tandis que le GFF familial est souvent concentré sur un ou quelques massifs locaux. Sur le plan de la liquidité, les deux sont également peu liquides, mais certains gestionnaires de GFI proposent des mécanismes de rachat avec préavis.

À lire : Investissement forestier et viticole : quelle fiscalité en 2026 ?
18 %
Réduction d'impôt sur le revenu à la souscription
75 %
Exonération d'IFI sur la valeur des parts
75 %
Abattement sur les droits de succession et donation
17 M ha
Surface forestière française (3ème forêt d'Europe)

Les avantages fiscaux des GFI et GFF : le détail complet

La réduction d'impôt sur le revenu : 18 % à la souscription

La loi Dewailly, codifiée à l'article 199 decies H du Code général des impôts, prévoit une réduction d'impôt sur le revenu de 18 % du montant souscrit au capital d'un GFI ou d'un GFF. Le plafond d'investissement retenu est de 50 000 € pour un contribuable célibataire (soit 9 000 € de réduction maximale) et 100 000 € pour un couple (18 000 € de réduction).

L'avantage fiscal est soumis au plafond global des niches fiscales de 10 000 € par an. Il convient donc de le piloter avec précision lorsqu'on bénéficie déjà d'autres dispositifs de défiscalisation (Girardin, PER, etc.). La réduction est accordée l'année du versement effectif des fonds, et non l'année de la souscription si celles-ci diffèrent.

L'investisseur doit conserver ses parts au minimum jusqu'au 31 décembre de la quatrième année suivant celle de la souscription. À défaut, la réduction d'impôt est reprise en totalité. Une durée de détention plus longue est toutefois recommandée pour tirer pleinement profit des autres avantages.

L'exonération d'IFI : 75 % de la valeur des parts

Les parts de GFI et GFF bénéficient d'une exonération partielle d'Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) à hauteur de 75 % de leur valeur, sous réserve que le groupement soit engagé dans la gestion durable et professionnelle du massif forestier.

Cette exonération est particulièrement intéressante pour les contribuables assujettis à l'IFI qui souhaitent investir dans des actifs réels sans alourdir leur base taxable. Elle s'applique également aux GFF familiaux, sous les mêmes conditions. Pour les patrimoines importants, l'effet combiné de la réduction IR et de l'allègement IFI peut être très significatif.

Concrètement, si vous détenez 100 000 € de parts de GFI, seuls 25 000 € entrent dans l'assiette de l'IFI. À un taux moyen de 0,8 %, cela représente une économie d'IFI de 600 € par an pour cet investissement seul. Sur 15 ans, l'effet cumulé est loin d'être négligeable.

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Les avantages en matière de succession et de donation

La transmission de parts de GFI ou GFF bénéficie d'un abattement de 75 % sur les droits de succession et de donation, dans les mêmes conditions que le dispositif Dutreil pour les entreprises. Cet abattement s'applique sur la valeur des parts retenue dans la base taxable.

Concrètement, pour 200 000 € de parts de GFI transmises par succession, seuls 50 000 € sont soumis aux droits. Après application de l'abattement légal en ligne directe (100 000 € par enfant), une telle transmission peut s'effectuer sans droits à payer. C'est un outil de transmission du patrimoine particulièrement efficace sur plusieurs générations.

La donation de parts de GFI bénéficie du même régime que la succession. Il est donc possible d'organiser une transmission anticipée en démembrant les parts (donner la nue-propriété aux enfants en conservant l'usufruit), ce qui optimise encore davantage la base taxable des droits de donation.

À lire : Transmettre son patrimoine : stratégies et solutions pour bien organiser sa succession

Rendement et performance de l'investissement forestier

Les sources de revenus d'un GFI ou GFF

Les revenus d'un groupement forestier proviennent principalement de la vente de bois lors des coupes d'exploitation (éclaircies, coupes rases). Ces revenus sont irréguliers par nature : la forêt suit un cycle biologique long, et les coupes importantes n'ont lieu que tous les 10 à 30 ans selon les essences.

Des revenus complémentaires peuvent s'ajouter : droits de chasse, location de parcelles pour des loisirs nature, vente de biomasse ou de bois-énergie. Certains gestionnaires valorisent également des crédits carbone générés par la séquestration du CO2, une source de revenus émergente appelée à se développer avec la transition énergétique.

Le rendement annuel distribué est généralement modeste : entre 1 % et 3 % brut. Il doit être mis en perspective avec la revalorisation des parts, qui reflète l'appréciation des forêts dans le temps. Historiquement, la valeur des massifs forestiers français a progressé d'environ 1 à 2 % par an en termes réels, avec une accélération récente liée à la demande de produits biosourcés.

La revalorisation du capital et la valeur à long terme

Au-delà du rendement courant, l'investissement forestier offre une appréciation du capital sur le long terme. Le foncier forestier est une ressource rare et non reproductible. La demande de bois d'œuvre, de bois d'industrie et de bois-énergie devrait rester soutenue dans un contexte de transition énergétique et de construction bas-carbone.

La performance totale (rendement + appréciation du capital) d'un GFI bien géré peut s'établir entre 3 % et 5 % par an sur 15 à 20 ans, soit un niveau comparable à de l'immobilier locatif géré en SCPI, mais avec une corrélation quasi nulle aux marchés financiers et immobiliers traditionnels.

Cette décorrélation est l'un des atouts majeurs de l'actif forestier dans une allocation patrimoniale diversifiée. En cas de crise des marchés actions ou immobiliers, la forêt continue de pousser et de produire indépendamment de l'environnement économique.

La fiscalité des revenus forestiers : régime spécifique

Les revenus distribués par un GFI ou GFF relèvent de la catégorie des revenus fonciers pour la partie provenant de la location de terres, et des bénéfices agricoles (BA) pour la partie liée à la vente de bois. Le régime forestier spécifique prévoit des abattements supplémentaires sur les bénéfices agricoles forestiers.

Le microbénéfice agricole forestier s'applique aux petites distributions avec un abattement forfaitaire de 87 %. Concrètement, si votre GFI distribue 3 000 € de revenus forestiers, seuls 390 € sont imposables. La charge fiscale réelle sur les revenus distribués est donc très faible, ce qui améliore mécaniquement le rendement net après impôt.

1 à 3 %
Rendement annuel distribué (brut)
87 %
Abattement sur les bénéfices agricoles forestiers
3 à 5 %
Performance totale estimée sur 15-20 ans
15 ans
Horizon minimal recommandé

Liquidité et risques : ce qu'il faut savoir avant d'investir

La liquidité : le principal point de vigilance

L'illiquidité est la contrainte majeure de l'investissement en GFI ou GFF. Contrairement à des actions cotées ou à des parts de SCPI (pour lesquelles il existe parfois des marchés secondaires organisés), les parts de groupements forestiers ne disposent pas d'un marché liquide. La revente dépend de la capacité du gestionnaire à trouver un acquéreur, ce qui peut prendre plusieurs mois.

Certains gestionnaires de GFI prévoient dans leurs statuts des mécanismes de rachat avec un préavis de 3 à 6 mois, mais ces rachats sont conditionnés à la disponibilité de liquidités au sein du groupement et à l'absence de situation de marché défavorable.

Il est donc essentiel de n'investir dans un GFI ou GFF qu'une fraction de son patrimoine global, et uniquement avec des fonds dont vous n'aurez pas besoin à court terme. Un horizon de détention de 8 à 15 ans est le minimum pour s'assurer de pouvoir sortir dans de bonnes conditions.

Les risques climatiques et sanitaires

La forêt est un actif vivant exposé aux aléas naturels. Les tempêtes, comme les tempêtes de 1999 ou Xynthia de 2010, ont causé des dommages considérables sur certains massifs français. Les incendies de forêt, de plus en plus fréquents avec le réchauffement climatique, représentent un risque croissant pour les forêts de résineux du Sud-Ouest.

Les risques sanitaires (prolifération d'insectes ravageurs comme le scolyte, maladies fongiques) peuvent également menacer la santé d'un massif. Les gestionnaires professionnels de GFI diversifient leur portefeuille géographiquement et par essences pour limiter l'impact de ces événements, et souscrivent des assurances tempête spécifiques.

La forêt française dispose d'une résilience naturelle importante. Les massifs bien gérés, avec des peuplements mixtes et des âges variés, résistent mieux aux aléas que les monocultures intensives. La sylviculture durable pratiquée par les gestionnaires de GFI vise précisément à renforcer cette résilience.

Le risque économique : la volatilité du cours du bois

Le cours du bois est soumis à des cycles économiques. La demande de construction, le niveau d'activité dans l'industrie du papier-carton et les exportations vers l'Asie influencent les prix. Une récession économique peut temporairement réduire les revenus d'exploitation d'un GFI.

Toutefois, le gestionnaire dispose d'un avantage naturel : il peut reporter les coupes en cas de marché défavorable. La forêt continue de croître et de produire des volumes supplémentaires, ce qui amortit l'effet des cycles économiques. Cette flexibilité est un atout par rapport à d'autres actifs réels comme l'immobilier locatif où le loyer ne peut pas être simplement « mis en attente ».

À lire : Réduire ses impôts : guide complet des solutions de défiscalisation légales

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Conditions d'éligibilité et obligations des associés

Les conditions à remplir pour bénéficier des avantages fiscaux

Pour ouvrir droit aux avantages fiscaux (réduction IR, exonération IFI, abattement succession), le GFI ou GFF doit respecter plusieurs conditions. La principale est l'engagement de gestion durable : la forêt doit faire l'objet d'un plan simple de gestion (PSG) agréé par le Centre National de la Propriété Forestière (CNPF), ou d'un règlement type de gestion.

Ce plan de gestion définit les objectifs sylvicoles, les types de coupes prévus et leur calendrier sur 10 à 20 ans. Il est révisé périodiquement et garantit une exploitation responsable du massif. Le respect de ce plan est contrôlé par les services forestiers de l'État et conditionne le maintien des avantages fiscaux.

Pour la réduction IR, l'associé doit être une personne physique domiciliée fiscalement en France et réaliser sa souscription en numéraire (pas d'apport en nature). Les parts doivent être souscrites directement, sans interposition d'une société.

La durée de détention minimale

Pour ne pas perdre la réduction d'impôt sur le revenu, les parts doivent être conservées jusqu'au 31 décembre de la 4ème année suivant la souscription. En pratique, compte tenu du marché secondaire quasi inexistant, la quasi-totalité des investisseurs détiennent leurs parts beaucoup plus longtemps.

Pour l'abattement sur les droits de succession, il n'y a pas de durée minimale de détention à respecter par le souscripteur initial. En revanche, les héritiers qui reçoivent des parts devront maintenir l'engagement de gestion durable du groupement.

Les obligations du gestionnaire

Le gestionnaire d'un GFI agréé AMF est soumis à des obligations strictes : rapport annuel de gestion, information périodique des associés, respect de la politique d'investissement définie dans les statuts, valorisation des parts selon des méthodes agréées. Ces obligations protègent l'investisseur et assurent la transparence de la gestion.

Pour un GFF non soumis à l'agrément AMF, les obligations sont celles du droit commun des sociétés civiles. Il est recommandé de faire appel à un gestionnaire forestier professionnel (expert forestier, coopérative forestière) pour la gestion opérationnelle du massif, même si ce n'est pas légalement obligatoire.

Intégrer un GFI dans une stratégie patrimoniale globale

Le profil type de l'investisseur en GFI

L'investissement en GFI ou GFF s'adresse avant tout à des investisseurs qui ont déjà constitué une base patrimoniale solide (résidence principale, épargne de précaution, contrats d'assurance-vie, éventuellement un ou plusieurs investissements locatifs) et souhaitent diversifier avec une classe d'actifs alternative.

Le profil fiscal idéal est celui d'un contribuable soumis à une tranche marginale d'imposition de 30 % ou 41 %, qui souhaite réduire ses impôts tout en constituant un patrimoine tangible. Les contribuables assujettis à l'IFI trouvent également dans le GFI un outil de réduction de leur base taxable particulièrement efficace.

L'investisseur doit accepter l'illiquidité et avoir un horizon de placement long. Le GFI n'est pas adapté à une logique de rendement à court terme. Il s'inscrit dans une vision patrimoniale intergénérationnelle, similaire à celle qui préside à la constitution d'un portefeuille de SCPI ou à un investissement en nue-propriété.

La place du GFI dans une allocation diversifiée

Les professionnels du patrimoine recommandent généralement de ne pas affecter plus de 5 % à 10 % de son patrimoine total à des investissements alternatifs peu liquides comme les GFI ou GFF. Ce cadrage permet de profiter des avantages fiscaux sans compromettre la liquidité globale de l'allocation.

Le GFI se combine naturellement avec des placements plus liquides : fonds en euros et unités de compte d'assurance-vie, parts de SCPI diversifiées géographiquement, Plan d'Épargne Retraite pour la préparation à la retraite. Cette complémentarité permet d'équilibrer rendement, liquidité et avantages fiscaux dans une logique de construction patrimoniale cohérente.

Dans une allocation type pour un contribuable avec une TMI à 41 % et assujetti à l'IFI, une position GFI de 50 000 € génère 9 000 € de réduction IR à la souscription et réduit la base IFI de 37 500 €, soit une économie IFI annuelle d'environ 300 €. L'avantage fiscal total sur 15 ans peut dépasser 13 500 €, ce qui améliore significativement la rentabilité nette de l'investissement.

Comparaison avec d'autres placements forestiers et viticoles

Le GFI n'est pas le seul véhicule d'investissement dans les actifs naturels. Les Groupements Fonciers Viticoles (GFV) offrent une logique similaire mais appliquée aux vignobles. Les GFV permettent d'investir dans le foncier viticole (grands crus, appellations régionales) avec des avantages fiscaux proches.

La comparaison entre GFI et GFV dépend des convictions de l'investisseur et des conditions de marché. Le foncier viticole, notamment dans les grandes appellations bordelaises ou bourguignonnes, a connu une appréciation spectaculaire ces vingt dernières années. Mais les valorisations élevées actuelles peuvent freiner le rendement futur. La forêt présente des valorisations plus raisonnables et une demande structurelle liée à la transition énergétique.

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Comment investir dans un GFI : démarche pratique

Choisir le bon GFI ou GFF

Le marché des GFI répertorie une dizaine de gestionnaires actifs en France. Les critères de sélection portent sur la qualité du portefeuille forestier (diversification géographique, mix d'essences), la solidité financière du gestionnaire, les frais de gestion et les conditions de rachat des parts, ainsi que l'historique de performance et de distribution.

Les frais sont un point d'attention majeur : frais de souscription (de 3 % à 8 % selon les gestionnaires), frais de gestion annuels (1 % à 1,5 %) et frais de cession. Ces coûts doivent être intégrés dans le calcul de rentabilité nette. Un GFI avec des frais d'entrée élevés mais une meilleure performance opérationnelle peut s'avérer plus intéressant sur la durée.

L'accompagnement d'un conseiller en gestion de patrimoine indépendant est recommandé pour comparer les offres disponibles sur le marché et sélectionner le GFI le mieux adapté à votre profil fiscal et patrimonial.

Les étapes de la souscription

La souscription s'effectue directement auprès du gestionnaire du GFI ou par l'intermédiaire d'un conseiller en gestion de patrimoine. Elle nécessite la fourniture de documents d'identité, d'un justificatif de domicile et d'un RIB pour le virement des fonds. Un formulaire de souscription détaille les caractéristiques du GFI et les risques inhérents à l'investissement.

Les fonds sont versés au gestionnaire, qui procède à l'acquisition de nouvelles parcelles forestières ou à l'augmentation du capital du groupement. La réduction d'impôt est reportée sur la déclaration de revenus de l'année du versement, dans la case dédiée aux investissements forestiers (formulaire 2042 C).

Le suivi de votre investissement dans le temps

Le gestionnaire d'un GFI agréé AMF est tenu de vous adresser un rapport annuel de gestion détaillant l'état du portefeuille forestier, les opérations d'exploitation réalisées, les revenus distribués et la valeur de liquidation des parts. Ce document permet de suivre l'évolution de votre investissement.

Il est conseillé d'intégrer votre position GFI dans votre bilan patrimonial global, révisé annuellement avec votre conseiller. La valeur des parts doit être déclarée à l'IFI (pour les 25 % non exonérés), et les revenus distribués doivent figurer dans votre déclaration de revenus.

À lire : Défiscalisation : tour d'horizon des solutions pour réduire votre impôt légalement

GFI, GFF et transmission familiale : une stratégie intergénérationnelle

La donation de parts : anticiper et optimiser

La donation de parts de GFI ou GFF à ses enfants bénéficie du même abattement de 75 % que la succession. Cette fiscalité privilégiée en fait un outil de transmission anticipée particulièrement efficace, comparable au dispositif Dutreil pour les entreprises familiales.

Combinée à l'abattement légal en ligne directe (100 000 € tous les 15 ans par enfant), une donation de parts de GFI permet dans de nombreux cas de transmettre un capital significatif sans droits à payer. Par exemple, 240 000 € de parts de GFI donnés à un enfant généreront une base taxable de 60 000 € (après abattement de 75 %), entièrement couverte par l'abattement légal de 100 000 €.

La donation en démembrement (nue-propriété à l'enfant, usufruit conservé par le parent) réduit encore davantage la valeur taxable de la donation, car l'usufruit viager est valorisé selon le barème fiscal de l'article 669 du CGI, en fonction de l'âge de l'usufruitier.

La succession : continuité de la gestion forestière

Lors d'une succession, les héritiers qui recueillent des parts de GFI ou GFF bénéficient de l'abattement de 75 % à condition de s'engager à conserver les parts pendant au moins 4 ans et à maintenir l'engagement de gestion durable du groupement. Cet engagement est formalisé dans une attestation jointe à la déclaration de succession.

La forêt est par nature un patrimoine intergénérationnel : un peuplement planté aujourd'hui sera récolté dans 30 à 80 ans selon les essences. La transmission successive des parts maintient la cohérence de la gestion sylvicole et préserve la valeur du massif. C'est ce qui distingue fondamentalement le GFI d'autres placements financiers dans une logique de transmission patrimoniale.

GFF familial : organiser la gouvernance

Le GFF familial permet à des membres d'une même famille de regrouper leurs parcelles forestières éparses dans une structure commune, facilitant la gestion et la conservation du massif lors des transmissions successives. La gouvernance doit être définie avec soin dans les statuts : droits de vote, décisions de gestion, conditions d'entrée et de sortie des associés.

Le recours à un notaire et à un conseiller en gestion de patrimoine est indispensable pour rédiger des statuts équilibrés, prévenir les conflits entre associés et optimiser la fiscalité des transmissions successives. Un pacte d'associés peut compléter les statuts pour encadrer les situations délicates (décès d'un associé, désaccord sur la gestion, besoin de liquidités d'un héritier).

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Questions fréquentes

Le GFI (Groupement Foncier d'Investissement) est une forme de GFF commercialisée auprès du grand public par des sociétés de gestion agréées AMF. Le GFF (Groupement Foncier Forestier) est la structure classique, souvent constituée en cercle familial ou restreint, sans obligation d'agrément AMF pour une collecte privée. Les deux bénéficient des mêmes avantages fiscaux (18 % IR, 75 % IFI, 75 % succession) sous réserve de respecter les conditions de gestion durable. Le GFI offre en général une meilleure diversification géographique et sectorielle.

Le rendement distribué annuellement par un GFI ou GFF se situe généralement entre 1 % et 3 % bruts. La performance totale (rendement + appréciation des parts) peut atteindre 3 % à 5 % sur 15-20 ans. Ce n'est pas un placement de rendement à court terme : l'investissement forestier s'apprécie principalement sur la durée, avec une logique de diversification et de résilience patrimoniale plutôt que de maximisation du rendement annuel.

La souscription au capital d'un GFI ouvre droit à une réduction d'impôt sur le revenu de 18 % du montant investi (dans la limite de 50 000 € pour un célibataire, soit 9 000 € de réduction maximale, et 100 000 € pour un couple, soit 18 000 € de réduction). Cette réduction est soumise au plafond global des niches fiscales de 10 000 € et ne peut pas être reportée sur les années suivantes. Les parts doivent être conservées au moins jusqu'au 31 décembre de la 4ème année suivant la souscription.

Non, les parts de GFI et GFF sont peu liquides. Il n'existe pas de marché secondaire organisé. La revente dépend de la capacité du gestionnaire à trouver un acquéreur ou de mécanismes de rachat prévus dans les statuts, souvent avec un préavis de 3 à 6 mois. Il faut envisager un horizon de détention minimal de 8 ans, idéalement 15 à 20 ans, et n'investir qu'une fraction du patrimoine disponible à long terme.

Les principaux risques sont les aléas climatiques (tempêtes, incendies, sécheresses), les risques sanitaires (insectes ravageurs, maladies fongiques), la volatilité du cours du bois et l'illiquidité des parts. Les gestionnaires professionnels atténuent ces risques par la diversification géographique et par essences, et la souscription d'assurances spécifiques. La gestion durable et un portefeuille mixte constituent les meilleures protections contre ces aléas.

Non, les parts de GFI et GFF ne sont pas éligibles à l'assurance-vie ni au PER. Ce sont des actifs réels qui s'inscrivent en direct dans le patrimoine de l'investisseur. Ils s'intègrent dans une stratégie patrimoniale globale, en complément d'autres placements (SCPI, assurance-vie, PER) pour diversifier les sources de rendement et les régimes fiscaux. L'allocation globale doit être pensée avec un conseiller en gestion de patrimoine.

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