En 2026, la loi Madelin permet toujours aux travailleurs non salariés imposés au régime réel (BIC ou BNC) et aux gérants majoritaires de déduire de leur bénéfice imposable leurs cotisations de complémentaire santé, de prévoyance et d'assurance perte d'emploi. Le plafond santé et prévoyance est de 3,75 % du bénéfice plus 3 364,20 €, sans dépasser 11 534,40 €.
- Le volet retraite a disparu : aucun contrat Madelin retraite ne peut être souscrit depuis le 1er octobre 2020, le PER individuel a pris le relais.
- Micro-entrepreneurs, présidents de SAS ou de SASU et gérants minoritaires de SARL n'ont pas accès à la déduction.
- 1 000 € de cotisations déduites font gagner 110 € d'impôt à 11 % de tranche marginale, 300 € à 30 % et 410 € à 41 %.
- La déduction allège l'impôt sur le revenu, pas les cotisations sociales.
- En contrepartie, les indemnités journalières d'un contrat Madelin sont imposables ; le capital décès ne l'est pas.
Qu'est-ce que la loi Madelin en 2026 ?
La loi Madelin (loi n° 94-126 du 11 février 1994) permet aux indépendants de déduire de leur bénéfice imposable les cotisations de certains contrats d'assurance facultatifs, appelés contrats Madelin. Le dispositif figure à l'article 154 bis du Code général des impôts, dans sa version en vigueur depuis le 11 mars 2023.
Son but n'a pas changé : l'indépendant finance seul sa protection complémentaire, alors que ses régimes obligatoires couvrent mal l'arrêt de travail, l'invalidité et le décès. La loi rend cet effort déductible, dans une limite annuelle.
Ce qui a disparu : la retraite Madelin
Depuis le 1er octobre 2020, aucun contrat Madelin retraite ne peut plus être souscrit : le PER individuel, créé par la loi Pacte, l'a remplacé. Les contrats ouverts avant cette date peuvent être conservés avec leurs règles d'origine ou transférés vers un PER individuel. Les versements sur un PER restent déductibles du bénéfice d'un indépendant, dans une enveloppe propre à la retraite, distincte de celle de la santé et de la prévoyance (voir notre guide du PER et de ses stratégies de défiscalisation).
Ce qui reste : santé, prévoyance et perte d'emploi subie
Trois familles de contrats Madelin restent ouvertes en 2026, chacune avec son plafond : la complémentaire santé (la « mutuelle Madelin »), la prévoyance (arrêt de travail, invalidité, décès) et l'assurance perte d'emploi subie. Les deux premières partagent le même plafond.
Qui peut bénéficier de la déduction Madelin ?
La déduction Madelin est réservée aux travailleurs non salariés (TNS) imposés selon un régime réel et aux dirigeants de société imposés selon l'article 62 du CGI.
| Statut | Déduction Madelin | Précision |
|---|---|---|
| Artisan ou commerçant au régime réel (BIC) | Oui | Déduction du bénéfice professionnel |
| Profession libérale à la déclaration contrôlée (BNC) | Oui | Médecin, kinésithérapeute, avocat, architecte... |
| Associé unique d'EURL à l'impôt sur le revenu, associé de société de personnes | Oui | Plafond propre à chaque associé |
| Gérant majoritaire de SARL ou de SELARL | Oui | Déduction de sa rémunération (article 62 du CGI) |
| Conjoint collaborateur | Oui | Un seul plafond pour le couple |
| Micro-entrepreneur | Non | L'abattement forfaitaire couvre toutes les charges |
| Président de SAS, SASU ou SELAS, gérant minoritaire de SARL | Non | Assimilé salarié |
| Indépendant retraité ayant cessé son activité | Non | Plus visé par l'article 154 bis |
Micro-entrepreneurs et présidents de SAS : pas de déduction
Le micro-entrepreneur est imposé sur son chiffre d'affaires après un abattement forfaitaire de 71 %, 50 % ou 34 % selon l'activité. Cet abattement tient lieu de toutes les charges : aucune cotisation de mutuelle ou de prévoyance ne peut être déduite en plus.
Le président de SAS ou de SASU, assimilé salarié, est imposé comme un salarié : les cotisations d'un contrat qu'il paie lui-même ne sont pas déductibles. Avant de changer de structure (passage en société, transformation de SARL en SAS, création d'une holding patrimoniale), mesurez donc l'effet sur votre statut social et votre protection.
Quelles cotisations sont déductibles ?
Trois types de cotisations facultatives se déduisent, à condition que le contrat soit éligible, ce que l'assureur indique en principe dans le contrat et sur l'attestation fiscale annuelle :
- La complémentaire santé : remboursement des soins en complément de l'Assurance maladie. Le contrat doit être « responsable » au sens de l'article L. 871-1 du Code de la sécurité sociale.
- La prévoyance : indemnités journalières, rente d'invalidité, capital ou rente en cas de décès. L'administration fiscale y rattache aussi la garantie dépendance.
- La perte d'emploi subie : un revenu de remplacement, sans capital, si votre activité s'arrête pour une raison indépendante de votre volonté.
Une mutuelle souscrite hors cadre Madelin n'est pas déductible. Les assurances de l'activité (locaux, matériel, responsabilité civile professionnelle) sont, elles, des charges d'exploitation classiques.
Et la garantie frais généraux ?
Elle rembourse les charges fixes du cabinet ou de l'entreprise pendant un arrêt de travail : loyer, salaires, abonnements. Ses cotisations sont généralement traitées comme une charge professionnelle, hors plafond Madelin, et ses indemnités sont alors imposables. Faites valider ce traitement par votre expert-comptable.
Comment calculer le plafond Madelin en 2026 ?
Le plafond Madelin santé et prévoyance est égal à 3,75 % du bénéfice imposable + 7 % du PASS, sans pouvoir dépasser 3 % de 8 PASS. Le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) est fixé à 48 060 € pour 2026.
- Partez du bénéfice de l'année avant déduction des cotisations Madelin, hors plus-values professionnelles à long terme et sans imputer les déficits antérieurs. Pour un gérant majoritaire, retenez sa rémunération.
- Calculez 3,75 % de ce montant et ajoutez 3 364,20 €.
- Plafonnez le résultat à 11 534,40 €, un maximum atteint dès 217 872 € de bénéfice.
- Comparez avec vos cotisations santé et prévoyance de l'année, y compris celles de votre conjoint collaborateur : l'excédent n'est pas déductible.
En cas de déficit, le plancher de 3 364,20 € s'applique. Si l'exercice ne coïncide pas avec l'année civile, retenez le PASS de l'année de clôture.
| Bénéfice avant cotisations Madelin | Calcul | Plafond santé et prévoyance 2026 |
|---|---|---|
| Déficit ou 0 € | Plancher | 3 364,20 € |
| 20 000 € | 750 € + 3 364,20 € | 4 114,20 € |
| 50 000 € | 1 875 € + 3 364,20 € | 5 239,20 € |
| 100 000 € | 3 750 € + 3 364,20 € | 7 114,20 € |
| 217 872 € et plus | Maximum atteint | 11 534,40 € |
La perte d'emploi subie a sa propre enveloppe : 1,875 % du bénéfice retenu dans la limite de 8 PASS, soit entre 1 201,50 € et 7 209 € en 2026.
Exemple 1 : une kinésithérapeute au bénéfice modeste
Claire, kinésithérapeute libérale à Bordeaux, dégage 32 000 € de bénéfice avant cotisations Madelin. Elle paie 1 080 € par an de complémentaire santé et 1 560 € de prévoyance, soit 2 640 €.
- Plafond : 3,75 % × 32 000 € = 1 200 €, plus 3 364,20 €, soit 4 564,20 €.
- Les 2 640 € sont déductibles en totalité : son bénéfice imposable tombe à 29 360 €.
- Économie d'impôt : 290,40 € avec une tranche marginale de 11 %, 792 € à 30 %.
Il lui reste 1 924,20 € de marge pour renforcer ses indemnités journalières.
Exemple 2 : un chirurgien-dentiste au bénéfice élevé
Julien, chirurgien-dentiste en Gironde, dégage 160 000 € de bénéfice avant cotisations Madelin. Il verse 1 900 € de complémentaire santé et 8 400 € de prévoyance (indemnités journalières élevées, rente d'invalidité calée sur son niveau de vie), soit 10 300 €.
- Plafond : 3,75 % × 160 000 € = 6 000 €, plus 3 364,20 €, soit 9 364,20 €.
- Les 935,80 € au-delà du plafond ne sont pas déductibles.
- Économie d'impôt avec une tranche marginale de 41 % : 3 839,32 €, soit un coût net de 6 460,68 € par an.
Quel est votre plafond Madelin disponible ?
Nous le calculons avec vous et vérifions vos garanties. Premier rendez-vous et bilan patrimonial offerts.
Demander un bilan patrimonial gratuitLes conditions à respecter pour déduire vos cotisations
- Relever d'un régime réel en BIC ou en BNC, ou de l'article 62 du CGI pour un gérant majoritaire.
- Être à jour de ses cotisations sociales obligatoires et pouvoir le justifier à l'adhésion puis à chaque renouvellement.
- Souscrire un contrat éligible, conçu pour le cadre Madelin (l'adhésion passe le plus souvent par une association d'assurés) et, pour la santé, responsable.
- Des prestations conformes : soins, indemnités journalières, rentes ou capital décès ; pour la perte d'emploi, un revenu de remplacement sans capital.
- Payer ses cotisations selon l'échéancier prévu : la régularité des versements fait partie des conditions.
- Conserver l'attestation annuelle de l'assureur, qui justifie la part déductible auprès de votre expert-comptable.
Quelle économie d'impôt selon votre tranche marginale ?
La cotisation déduite diminue votre bénéfice, donc votre revenu imposable. L'économie est égale au montant déduit multiplié par votre taux marginal d'imposition (TMI). Pour 3 000 € de cotisations déductibles :
| Tranche marginale | Économie d'impôt | Coût réel |
|---|---|---|
| 0 % | 0 € | 3 000 € |
| 11 % | 330 € | 2 670 € |
| 30 % | 900 € | 2 100 € |
| 41 % | 1 230 € | 1 770 € |
| 45 % | 1 350 € | 1 650 € |
Ce sont des ordres de grandeur : le quotient familial, la décote ou un changement de tranche peuvent modifier le résultat.
Aucun effet sur les cotisations sociales
La déduction Madelin allège l'impôt, pas les charges sociales. Depuis la réforme de l'assiette sociale des indépendants, appliquée à partir des revenus 2025, les cotisations Madelin ne sont pas retranchées du revenu déclaré pour le calcul social : elles restent dans la base des cotisations et de la CSG-CRDS (voir la présentation de la réforme sur urssaf.fr).
Hors du plafonnement des niches fiscales
Charge déductible et non réduction d'impôt, la déduction Madelin n'entre pas dans le plafonnement global des niches fiscales de 10 000 € par an.
Comment sont imposées les prestations d'un contrat Madelin ?
Ce qui a été déduit à l'entrée est imposé à la sortie lorsqu'il s'agit d'un revenu :
- Indemnités journalières : imposables avec votre bénéfice si l'activité se poursuit, ou comme une pension en cas de cessation, même si une partie des cotisations n'a pas été déduite. Elles supportent aussi les cotisations sociales, la CSG-CRDS étant prélevée par l'assureur.
- Rente d'invalidité : revenu de remplacement, imposable selon les mêmes règles.
- Remboursements de soins : non imposables.
- Capital décès : pas d'impôt sur le revenu, et pas de prélèvement de l'article 990 I du CGI, dont les contrats de l'article 154 bis sont exonérés. Seules les primes versées après 70 ans peuvent, au-delà de 30 500 €, entrer dans les droits de succession, dont le conjoint et le partenaire de PACS sont de toute façon exonérés.
À l'inverse, les indemnités d'un contrat souscrit hors cadre Madelin, dont les cotisations n'ont pas été déduites, ne sont en principe pas imposables. Pour un indépendant imposé à 30 % ou plus, la déduction immédiate reste souvent plus intéressante, mais l'arbitrage se fait au cas par cas.
Dans tous les cas, fixez vos indemnités journalières en raisonnant en revenu disponible, après impôt et cotisations, sans oublier les charges fixes de l'activité. Pour le volet décès, notre article pour évaluer ses besoins en assurance décès vous aide à fixer le bon capital.
Bien choisir sa mutuelle et sa prévoyance individuelles
L'avantage fiscal ne doit jamais guider seul le choix : le jour d'un arrêt de travail, un contrat mal calibré coûte bien plus cher que l'impôt économisé.
La complémentaire santé
Ciblez les postes où vos restes à charge sont élevés (hospitalisation, dépassements d'honoraires, dentaire, optique), vérifiez les délais de carence et l'évolution des tarifs avec l'âge. Notre page sur la mutuelle santé des indépendants et des dirigeants détaille notre méthode de comparaison.
La prévoyance
- Les indemnités journalières : couvrez revenu et charges fixes, sous déduction de ce que versent déjà vos régimes obligatoires.
- Le mode d'indemnisation : un contrat forfaitaire verse le montant prévu quelle que soit votre perte ; un contrat indemnitaire se limite à la perte de revenus constatée.
- La franchise : le nombre de jours d'arrêt avant le premier versement (par exemple 3, 15, 30 ou 90 jours).
- L'invalidité : le barème (professionnel ou fonctionnel) et le taux déclenchant la rente font toute la différence pour un chirurgien ou un artisan.
- Les exclusions : certaines affections du dos ou certains troubles psychiques sont parfois exclus ou couverts seulement après hospitalisation.
- Les frais professionnels : une garantie frais généraux maintient loyer et salaires pendant l'arrêt.
Estimez les indemnités journalières et la pension d'invalidité que vous verseraient vos régimes obligatoires, puis mesurez l'écart à couvrir.
Lancer le simulateur prévoyancePour aller plus loin, consultez notre guide pour protéger sa famille en cas de coup dur et notre page prévoyance des indépendants et des professions libérales.
Les erreurs courantes avec un contrat Madelin
- Déduire un contrat qui n'est pas Madelin : sans attestation fiscale, la déduction peut être remise en cause lors d'un contrôle.
- Dépasser le plafond sans le savoir : l'excédent doit être réintégré. Refaites le calcul chaque année, surtout si votre bénéfice baisse.
- Croire que la déduction réduit les cotisations Urssaf : elle ne joue que sur l'impôt.
- Oublier que les indemnités journalières sont imposables et sous-dimensionner la garantie.
- Tout miser sur la mutuelle : bien remboursé chez le dentiste mais sans indemnités journalières, l'indépendant reste exposé au risque le plus lourd, l'arrêt de travail prolongé.
- Oublier un ancien contrat Madelin retraite : selon ses frais et ses options, un transfert vers un PER peut se justifier, ou non. Nous l'abordons dans notre article sur la retraite des dirigeants et des TNS.
Comment ALAIA Patrimoine vous accompagne
Chez ALAIA Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine à Bordeaux, nous accompagnons professions libérales, artisans, commerçants et dirigeants dans le choix de leur protection individuelle :
- un bilan patrimonial offert et sans engagement, qui fait le point sur ce que couvrent déjà vos régimes obligatoires ;
- le calcul de votre plafond Madelin disponible, en lien avec votre expert-comptable ;
- la comparaison de contrats individuels de santé et de prévoyance de plusieurs assureurs, garanties et exclusions à l'appui ;
- un suivi annuel de vos garanties.
Le cabinet est immatriculé à l'ORIAS sous le n° 24004823 et membre de la CNCGP. Nous vous recevons au 28 rue Laurent Sens à Bordeaux ou en visioconférence.
Questions fréquentes sur la loi Madelin
Les travailleurs non salariés imposés au régime réel en BIC ou en BNC (artisans, commerçants, professions libérales), les associés de sociétés de personnes, les gérants majoritaires de SARL ou de SELARL et les conjoints collaborateurs. Les micro-entrepreneurs et les présidents de SAS ou de SASU en sont exclus.
Pour la santé et la prévoyance, il est de 3,75 % du bénéfice imposable plus 3 364,20 € (7 % du PASS), dans la limite de 11 534,40 € (3 % de 8 PASS). La perte d'emploi subie a un plafond distinct.
Non. Il est imposé sur son chiffre d'affaires après un abattement forfaitaire qui couvre toutes ses charges : il ne peut pas déduire en plus ses cotisations de mutuelle ou de prévoyance.
Non. Depuis le 1er octobre 2020, les contrats Madelin retraite ne sont plus commercialisés. Le PER individuel les remplace ; les anciens contrats peuvent être conservés ou transférés vers un PER.
Oui. Les cotisations ayant été déduites, les indemnités journalières sont imposables et soumises aux cotisations sociales. Les remboursements de soins et le capital décès ne sont pas soumis à l'impôt sur le revenu.
Faites le point sur votre protection d'indépendant
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